Un autre « vin bleu », l’effervescent « Luc Belaire Bleu »
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Autre vin bleu que j’ai dégusté récemment : Luc Belaire Bleu. La maison de vins Luc Belaire existe depuis 1898 et produit des vins effervescents originaux. Actuellement, il appartient aux cinquième et sixième générations de vignerons, qui ont ajouté le bleu expérimental aux couleurs traditionnelles des vins effervescents. Et pour être honnête, l’étiquette indique: Cocktail aromatisé de produits vitivinicoles, et non « vin bleu », ce qui signifie que la boisson peut contenir des additifs nécessaires à une couleur bleue.
Assemblage Luc Belaire Bleu : 55% Ugni Blanc et 45% Colombard, il contient 26 g/l de sucre et 10% d’alcool.
Dégustation
Couleur : azur clair Nez: Sucré, quelque peu chimique et rappelant non seulement les fruits naturels (fruit de la passion, mangue), mais aussi des choses comme le bonbon anglais et le chewing-gumm à la fraise. Bouche: doux (mais quelque peu équilibré par une acidité plutôt souple), avec les mêmes nuances tropicales, de fraise tagada et bonbon anglais, pas très persistant. Impression générale et la qualité : en effet, la boisson est simple et fait plus penser à un cocktail qu’à un vin. Mais elle convient pour une fête au bord de la piscine lors d’une chaude soirée d’été.
Dégustation de la semaine: Demoiselle de Sigalas Bordeaux Blanc 2015
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Est-ce que « Sauternes » signifie uniquement « un vin liquoreux »? Oui et non.
Évidemment, que des vins blancs liquoreux avec un niveau de sucrosité minimale (qui se mesure en grammes de sucre par litre) ont le droit à cette appellation. Par contre, sur son territoire lui-même, des vins blancs secs sont également produits, mais sous l’appellation « Bordeaux blanc sec ».
Pourquoi les vignerons de Sauternes ajoutent-ils des vins blancs secs à leur portfolio, alors que cette appellation est une marque, un signe de la qualité, de la rareté et de la singularité d’un vin liquoreux.
Il y a probablement trois raisons à cela :
Évolution des goûts des consommateurs qui s’éloignent progressivement des vins doux pour réduire leur consommation de sucre ou pour d’autres raisons. En conséquence, la demande de vins doux diminue.
L’instabilité du botrytis, une moisissure noble, qui permet de créer des arômes typiques et uniques dans le raisin, utilisés pour produire les vins de Sauternes, mais qui nécessite des conditions spécifiques qui ne se reproduisent pas tous les ans.
Présence de parcelles dans leurs vignobles, avec un terroir, plus adapté au raisin, destiné aux vins blancs secs.
Cependant, la région produit d’excellents vins blancs secs des différents styles : droits, purement fruités et frais, ou profonds et complexes, élevés en fût de chêne.
Aujourd’hui, je présente la Demoiselle de Sigalas Bordeaux Blanc 2015, le deuxième vin blanc sec du Château Sigalas Rabaud, un Premier Cru Classé en 1855. Les raisins, destinés à la production de ce vin, reçoivent autant d’attention, que les raisins botrytis, destinés à la production du Sauternes, le principal vin du château. Les raisins sont vendangés manuellement, triés et vinifiés soigneusement. Le Sémillon, qui constitue 70% de l’assemblage, est fermenté en barrique, et le Sauvignon Blanc (30% de l’assemblage) est fermenté en cuves. Le résultat est un Bordeaux blanc classique, avec des notes d’épices discrètes caractéristiques, une fraîcheur citronnée, complétées par des nuances tertiaires.
Dégustation
Couleur: citron pâle Nez: expressif, avec des notes fraîches de citron, d’écorces de citron confites, de zeste de citron, de jus de pamplemousse, des notes florales d’acacia, de tilleul, ainsi que de légères notes tertiaires de miel, de cire, de safran et de muscade. Bouche: équilibrée, avec une bonne concentration, une agréable amertume de pamplemousse, des notes tertiaires de miel et de cire, ainsi que des notes d’abricot et de pêche juteux, d’ananas séché et la fraîcheur du zeste de citron et du zeste de citron confit. La finale est longue et complexe. Impression générale et la qualité: un très bon Bordeaux blanc, au profil harmonieux, alliant des notes primaires de fruits et une légère pointe d’élevage en barrique – des notes d’épices douces, évoluant vers des notes tertiaires de safran, de miel et de cire. Accords mets et vins: Le vin lui-même est complexe, donc des plats avec peu d’ingrédients conviennent – risotto au safran, fond de veau ou fromage à pâte dure comme la Tête de Moine ou le jeune comté aux notes fruitées.
Du 22 au 26 avril, à Bordeaux a eu lieu la Semaine des Primeurs 2023, un événement annuel important quand la région présente les vins de l’année précédente et quand des milliers de professionnels du vin évaluent leur qualité et leur potentiel.
Comment se caractérise le millésime 2023 à Bordeaux ? Les vins rouges ont un profil classique, sur les fruits mûrs, mais vifs et acidulés, les blancs secs ont un excellent équilibre entre la jutosité, le corps rond et une vive acidité, et les blancs liquoreux ont une profondeur, une richesse et une harmonie étonnantes.
Conditions météo 2023 à Bordeaux
L’hiver 2022-2023 a été caractérisé par des températures proches des normales, avec un temps frais et sec à partir de la mi-janvier. Le mois de mars s’est avéré assez maussade. Ces conditions ont assuré un démarrage uniforme et non précoce du cycle végétatif. Ainsi, les débourrements des vignes se sont produits après le gel, ce qui a permis d’éviter (presque) des pertes de récolte.
Les températures du printemps, bien qu’en moyenne légèrement au-dessus des normales, ont été inégales : des périodes très chaudes suivies de périodes plus fraîches, entraînant une croissance de la vigne plus ou moins rapide selon les sites. De plus, l’humidité et la fraîcheur suivies de chaleur sont des conditions favorables à l’apparition du mildiou, qui a attaqué le vignoble et contraint les vignerons à recourir à des traitements fréquents. Les températures plus régulières du mois de mai ont permis de rééquilibrer la croissance de la vigne.
La floraison fin mai-début juin a été rapide et uniforme, dans des conditions sèches et favorables, sans problème.
L’été 2023 a été caractérisé par des épisodes de précipitations chaotiques et irréguliers, qui ont retardé la maturation des baies. Quasiment tout le mois de juin a été assez chaud (avec des températures supérieures à 25 degrés), mais en même temps généreux en précipitations (au total, il y a eu des pluies et des orages pendant 8 jours). Juillet a été tout aussi doux, mais pas chaud, avec peu de précipitations et un manque de soleil, ce qui a également ralenti la maturation des raisins. Des pluies assez abondantes ont entraîné une absence de stress hydrique, une poursuite de la croissance de la vigne et une augmentation de la taille des baies. Dans de telles conditions, le millésime n’a pas été précoce (comme les précédents), ni même « standard » en termes de maturation et de cycle végétatif.
Mais depuis la mi-août, tout a changé. Les précipitations s’arrêtent et les températures diurnes atteignent des niveaux inhabituels pour la fin de l’été. Ainsi, la maturation s’effectue efficacement et dans des conditions favorables. Mais des différences entre les niveaux de précipitations et des caractéristiques différentes du sol (plus ou moins capables d’absorber et d’accumuler l’humidité à laquelle la vigne peut accéder en cas de sécheresse) ont par ailleurs conduit à des différences entre le développement de la vigne à ces conditions et à une maturation inégale du raisin. Le Merlot sur sols argilo-calcaires, ainsi que le Cabernet, plus tolérants à la sécheresse, ont mieux résisté aux chaudes fins d’été, contrairement par exemple au Merlot sur sols bien drainés.
Le mois de Septembre a également apporté un été indien chaud et favorable à l’achèvement de la maturation et à l’obtention de raisins sains.
Premier aperçu des vins du millésime 2023
Malgré la fin du cycle végétatif chaude et sèche, les vins blancs se sont révélés réussis et équilibrés, précisément grâce au début de cycle pluvieux et frais. Un stress hydrique tardif et un manque de soleil en juillet ont permis aux cépages blancs de conserver une acidité élevée et d’acquérir des aromatiques frais. La fin de cycle chaude n’a pas affecté l’équilibre global des composants aromatiques, mais a permis de maintenir un état sanitaire favorable pendant la récolte. Contrairement à 2022, les raisins blancs de 2023 étaient moins concentrés en sucre, mais avaient une acidité plus élevée, grâce à des pluies fréquentes, des températures fraîches et un ensoleillement modéré.
Pour les vins liquoreux, le millésime 2023 est exceptionnel. Les conditions ci-dessus ont assuré un développement optimal de la moisissure noble, et un mois de septembre chaud et ensoleillé a assuré la concentration d’aromates, d’acidité et de sucre parfaite dans les raisins, qui donneront des grands vins.
Dégustation de la semaine: Abrau-Durso Brut d’Or Blanc de Blancs 2020
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Abrau-Durso est une célèbre marque de vin russe, connue principalement pour ses vins effervescents, mais produisant également des vins tranquilles. Déguster des vins russes m’intrigue toujours, surtout les vins du même producteur, afin de découvrir leur évolution (en termes de maturation en bouteille et d’amélioration des technologies utilisées), et je déguste même quelques cuvées chaque année. L’un de ces vins est l’effervescent Abrau-Durso Brut d’Or Blanc de Blancs.
Une brève introduction du domaine Abrau-Durso
Parmi les marques produites par l’entreprise, la plus connue est, bien entendu, le vin effervecent « Abrau-Durso » (en plus, le groupe comprend aussi, par exemple, « Vedernikov Winery » et « Abrau Estates »). Le domaine Abrau-Durso a été fondée il y a plus de 150 ans, en 1870, sur ordre de l’empereur Alexandre II. Il tire son nom des noms de la rivière Durso et du lac Abrau, qui ont donné au domaine non seulement le nom, mais aussi un microclimat favorable à la viticulture. Un an plus tard, le premier agronome Abrau-Durso se rend en Europe pour acheter des vignes. À Johannisberg, en Autriche, 10 000 vignes de Riesling et de Portugieser ont été achetées et, en même temps, des vignes de Pinot Blanc, d’Aligoté, de Sauvignon et de Cabernet ont été importées de la Livadia en Crimée. Les premières vendanges et les premiers vins ont été obtenus dès 1877. En 1884 et 1887, les vins d’Abrau-Durso furent très appréciés des experts et récompensés par des médailles d’or pour leur qualité. De 1891 à 1891, sur ordre de l’empereur Alexandre III, le prince Lev Sergueïevitch Golitsyne, fondateur de production des vins en Crimée et de vins effervescents à Abrau-Durso, devint le vigneron en chef d’Abrau-Durso. Pendant la période, qu’il occupait ce poste, le vin d’Abrau-Durso a non seulement continué à être reconnu par les experts russes, mais a également obtenu le droit d’afficher le blason de l’Empire Russe sur l’étiquette et le titre de champagne d’apanage. Dans les années 1900, le domaine viticole s’agrandit, un nouveau bâtiment construit devient son symbole, ainsi une cave de vieillissement a été bâtie. En 1905, le Français Victor Dravigny (qui a donné son nom à l’une des gammes de vins effervescents du domaine) fut invité à Abrau-Durso, qui travailla sur l’amélioration d’utilisation de la méthode traditionnelle dans la production des vins effervescents d’Abrau-Durso. Lors de son travail au domaine (jusqu’en 1919), Victor Dravigny fut récompensé par l’empereur Nicolas II, et les vins du domaine étaient servis lors des réceptions officielles à la cour impériale. Après la Révolution de 1917, la cave fut nationalisée, mais en 1920 fut créée un domaine Abrau-Durso, appartenant à l’État Soviétique, qui devint un centre de recherche majeur et le seul domaine en l’URSS à l’époque produisant des vins effervescents par la méthode traditionnelle.
Pendant la Deuxième Guerre Mondiale, le domaine fut détruit, mais restauré vers 1950 grâce à un plan de reconstruction à grande échelle. Et en 1975, la marque « Champagne soviétique », « Советское Шампанское » produite dans par le domaine, était exportée vers l’Amérique, le Brésil, l’Italie et d’autres pays sous la marque « Nazdorovya ». Dans les années 1980, la superficie du vignoble dépassait les 1 000 hectares et le volume de production était d’environ 3 millions de bouteilles par an. Cependant, au cours des 20 années suivantes, plus de la moitié des vignobles ont été perdus et le domaine était sur le point de extinction. En 2006, Abrau-Durso a été rachetée par le groupe SVL sous la direction de Monsieur Titov, qui, désireux de préserver les traditions historiques de la production de vin en Russie, a commencé à relancer l’économie du domaine. Et déjà en 2010, ses vins effervescents ont été médaillés au concours international de dégustation du London International Wine & Spirit Competition – 2010 (IWSC), en 2011 la Maison est devenue fournisseur de vins effervescents pour les Jeux Olympiques de 2014 et 2018. La gamme premium de vins tranquilles a également été reconnue par les experts. En 2020, les vins Abrau-Durso ont reçu 31 médailles lors de concours internationaux et sont exportés dans 20 pays.
Terroir d’Abrau-Durso
Le terroir du domaine réunit plusieurs caractéristiques sans lesquelles il est impossible de créer un vin de qualité :
Les vents de montagne de la vallée d’Abrau-Durso, au pied de la chaine de montagnes Navagir, contribuent non seulement à la différence de température diurne et nocturne nécessaire à la lente maturation des raisins et à la complexité d’arômes, mais apportent également une variété de composants aromatiques offerts par des steppes, des lacs et de la mer – floraux, herbacés, minéraux et salés.
Les sols, rocheux et calcaires, combinent deux propriétés favorables à la viticulture : la capacité d’accumuler la chaleur le jour et de la redistribuer pendant la nuit, en maintenant la température autour les vignes et en prolongeant ainsi la période de maturation des raisins. Ces sols sont aussi riches en minéraux (puisque ces sols sont d’origine sédimentaire et sont l’ancien fond d’un ancien océan), ce qui donne au vin une minéralité expressive.
Proximité de la mer et exposition favorable au soleil, les vignobles sont situés en amphithéâtre sur les collines de la réserve naturelle du Caucase du Nord. Les brises marines qui soufflent ici, apportent de la fraîcheur la nuit, et une exposition favorable – un ensoleillement suffisant pendant la journée, assurant maturation optimale des baies.
Dégustation : Abrau-Durso Brut d’Or Blanc de Blancs 2020
Les vins effervescents de la série Brut d’Or sont élaborés à partir de raisins sélectionnés, issus des meilleures parcelles, selon la méthode traditionnelle de seconde fermentation en bouteille, puis élevés sur lies jusqu’à trois ans. Le Brut d’Or Blanc de Blancs est 100% Chardonnay, reflet du terroir, des nuances typiques du cépage et d’un long vieillissement.
Couleur : or pâle Nez : raffiné, avec des différentes facettes, réunissant des notes d’agrumes qui apparaissent en premier (citron, zeste d’orange, amertume de pamplemousse), un bouquet de fleurs blanches, des notes sucrées de fruits à noyau (pêche jaune, abricot), ainsi que légères notes d’élevage (beurre, noisettes grillées, vanille) et de minéralité. Bouche : éclatante, direct, d’agrumes, avec une légère amertume de pamplemousse et de citron vert, une acidité de fleurs d’abricot, de tilleul et de pommier, ainsi que des notes de vanille et de noisettes et une touche minérale « crayeuse ». Impression générale et évaluation de qualité : un très bon vin, rafraîchissant, agréable, avec une minéralité subtile et une certaine complexité. Avec quoi associer : poissons blancs nobles (esturgeon, turbot), homard Informations historiques tirées du site https://www.abraudurso.ru/
Dégustation de la semaine: Château Piron 2004 Graves Rouge
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Histoire de l’appellation
La vigne est cultivée dans les environs de Bordeaux depuis l’époque romaine, mais c’est au Moyen Âge que la viticulture a véritablement commencé à se développer.
Après le mariage d’Aliénor d’Aquitaine avec Henri II d’Angleterre en 1152, les vignobles de Bordeaux et des Graves entrent dans une période de prospérité, grâce à la loi de « privilège » votée par Henri. La loi rendait difficile, voire impossible, l’exportation de vins de régions autres que Bordeaux via le port de la ville jusqu’à ce que les propres vins de Bordeaux soient vendus, éliminant ainsi tous les concurrents potentiels.
La demande en vins de Bordeaux augmente (tant au niveau national qu’international) et le vignoble commence à s’étendre au-delà de la banlieue vers Langon, La Brède (une des communes appartenant au territoire des Graves d’aujourd’hui), Mérignac et Martillac (territoires de la région de Pessac-Léognan), qui a été séparée des Graves en sa propre appellation en 1987), afin de délimiter son terroir particulièrement favorable pour la viticulture.
Mais le Siècle d’Or pour les vins de Graves survient au XIVe siècle, grâce à la popularité des vins « clairets », vins rosés foncés (ou rouge clair), caractérisés par leur fraîcheur et leur légèreté, qui ont séduit le goût des commerçants anglais. À cette époque, le vignoble bordelais produisait environ 80 % de ces vins rosés foncés, 17 % de rouges et très peu de blancs.
Du XVIe au XVIIIe siècle apparaissent des domaines importants et étendus, s’efforçant de produire des vins de grande qualité, et les « vins de Graves », commencent à être considérés comme les véritables et exceptionnels vins de Bordeaux. Les exportations vers l’Angleterre et les pays nordiques sont en croissance à cette époque et les vins de Grave constituent la composante la plus importante du marché international.
Les cataclysmes de la fin du XIXème siècle (phylloxéra, mildiou) et les guerres mondiales du XXème siècle n’ont pas épargné la région bordelaise et notamment les Graves. De plus, l’incroyable gel et l’hiver très froid en 1956 ont réorganisé le vignoble bordelais : la plupart des vignes du cépage Malbec, le moins résistant au froid, n’ont pas résisté au froid et ont été remplacées par des vignes de Merlot. Puis, l’expansion des villes de Bordeaux et de Langon a commencé de menacer les zones destinées au vignoble. Mais les Graves restent une des sous-régions produisant du Bordeaux classique de bonne qualité.
Terroir
Le climat ici est océanique, tempéré, ce qui signifie une quantité importante de précipitations et d’humidité, ainsi que des écarts de température modérés entre les saisons.
Les sols sont constitués principalement de graviers (d’où son nom), créés en raison des modifications du cours la Garonne. Ces sols se distinguent par :
un bon drainage, qui évoque l’excès de l’humidité typique dans la région en raison de l’influence océanique et des précipitations/li>
la capacité d’absorber la chaleur des rayons du soleil pendant la journée et de la restituer à la vigne durant la soirée, ce qui contribue à une meilleure maturation des raisins
Les graviers peuvent être plus ou moins grossiers, mélangés à du sable, de l’argile, du limon.
Types de vins
rouge – le principal et le plus célèbre
blancs secs – élevés en fûts ou pas
Graves Supérieurs – vins blancs moelleux
Rosé – doit être produit sous le nom de Bordeaux Rosé ou Clairet
Dégustation Château Piron 2004 Graves Rouge
Le Château Piron est l’un des plus anciens domaines de la région, fondé en 1693. Depuis, de génération en génération, il appartient aux membres de la même famille Boyreau. Le vignoble du château se compose des parcelles de vignes rouges et blanches. Le terroir est constitué de sols graveleux et argilo-calcaires et de l’influence de la rivière Gât-Mort, dans la vallée de laquelle se situe le château. Les cépages blancs sont le Sauvignon Blanc et le Sémillon, et les cépages rouges le Merlot et le Cabernet Sauvignon.
Les vins rouges du pays des Graves ont un bon potentiel de garde et peuvent évoluer selon les millésimes pendant 5, 10, 15 ans.
J’ai dégusté un vin de 19 ans, et on pourrait dire qu’il était encore à son apogée.
Couleur : grenat (rouge-rubis avec teinte brique)
Nez: assez expressif et caractéristique d’un vin évolué- combine des notes de cerise séchée, de fraise séchée, de canneberge séchée (mais aussi des notes encore perceptibles de cerise noire mûre), de rose séchée, ainsi qu’une légère minéralité. On retrouve aussi des typiques pour des vieux Bordeaux nuances de sous-bois, de champignons, d’herbes aromatiques séchées (menthe séchée, bouquet garni – thym, romarin et laurier).
Bouche: Le vin surprend encore par sa sapidité et son corps (corps moyen). Le bouquet associe des baies bien mûres et séchées (cerise noire et fraise mûre et séchée, framboise séchée), d’herbes (menthe séchée, romarin séché) et des notes tertiaires de sous-bois, de champignons et de tabac. Acidité est fraîche, moyenne (+), la finale est longue (moyenne +)
Accords mets et vin : une bonne viande de qualité au goût prononcé, des plats en sauce au vin rouge (par exemple, un sanglier rôti)
Dans un de mes articles, j’ai parlé des vins dits volcaniques, dont les raisins sont cultivés sur des sols d’origine volcanique. Et il ne s’agit pas seulement de la lave solidifiée des pentes de l’Etna, mais aussi du basalte, du granit, ainsi que des sols qui en dérivent, comprenant en partie ces éléments. En fait, les terroirs volcaniques sont divers, mais ils ont une caractéristique commune : une richesse en minéraux, qu’ils obtiennent plus ou moins à partir du magma éjecté. Les appellations viticoles volcaniques ne sont pas non plus nécessairement situées à proximité de volcans actifs : on les trouve aussi bien sur des volcans éteints ou endormis.
Vous pouvez en savoir plus sur le terroir volcanique d’Europe dans cet article. Ici j’aborderai les volcans de France plus en détail, ou plutôt, ses volcans les plus célèbres – de la région d’Auvergne. À part l’Auvergne, les vins volcaniques se trouvent dans les régions viticoles françaises suivantes :
Forez – dans le Centre de Val de Loire
Rangen – un grand cru d’Alsace
Nord de Beaujolais
Fréjus – situé dana la partie est de Provence
Aujourd’hui, l’Auvergne est plus connue pour sa réserve naturelle – une vallée de volcans éteints classée par l’UNESCO – plutôt que pour ses vins. Autrefois troisième région viticole de France, produisant les vins appréciés par les rois, l’Auvergne compte aujourd’hui environ 400 hectares de vignes, mais grâce à l’intérêt croissant pour les vins volcaniques, elle renaît et ses vins séduisent par leur caractère et leur personnalité particuliers.
Histoire de la viticulture en Auvergne
Une région, située dans la partie centrale de la France, sur les pentes du Massif Central, qui comptait auparavant plusieurs milliers d’hectares de vignes, mais qui a quasiment disparu depuis l’épidémie de phylloxéra, en se réduisant à quelques centaines d’hectares. À l’époque de l’Empire romain et du Moyen Âge, la région Auvergne était appréciée comme source de vins de qualité, et à partir du XVIe siècle, grâce à Henri IV puis Louis XIV, qui valorisaient particulièrement les vins d’Auvergne, les vins de la région ont commencé à être considérés comme prestigieux. Avec le développement de la navigation fluviale et ferroviaire, les vins de la région sont livrés aux bistrots parisiens et la demande augmente considérablement. S’ensuit une expansion rapide du vignoble : de la fin du XVIIIe au milieu du XIXe siècle, il passe de 21 000 à 34 000 hectares. Mais à la fin du XIXe siècle, l’Auvergne n’échappe pas au sort des autres régions viticoles européennes : l’épidémie de phylloxéra, qui arrive ici un peu plus tard. Puis, au début du XXe siècle, survient une épidémie de mildiou, suivie de la Première Guerre mondiale. Presque tout le vignoble auvergnat est disparu après deux épidémies, et les vignes greffées sur porte-greffes américains et replantées ont été laissées à l’abandon par les vignerons, préférant travailler à l’usine Michelin dans la grande ville de Clermont-Ferrand. Pendant la Seconde Guerre mondiale qui suivit, les vignobles restèrent également abandonnés.
Cependant, depuis les années 1930, la reconnaissance revient aux vins d’Auvergne, et en 2011 l’appellation Côtes d’Auvergne apparaît.
Caractéristiques de son terroir
Le vignoble auvergnat est concentré dans l’un de ses départements, le Puy de Dôme, qui porte le nom de l’un des volcans les plus anciens et les plus hauts d’Europe. Plus précisément, les vignobles sont ici situés sur les pentes des volcans (puys) qui entourent la plaine de Limagne et créent un terroir unique aux caractéristiques favorables pour la viticulture :
L’emplacement des vignobles se trouve à une altitude significative au-dessus du niveau de la mer – de 300 à 500 mètres (en moyenne 400 mètres)
Exposition au soleil favorable selon la pente
L’effet du vent de montagne foehn, créé à la suite de la collision de masses d’air saturées d’humidité et de nuages de pluie venant de l’océan avec une chaîne de montagnes. Ainsi, les pluies tombent sur le versant ouest des montagnes, là où les nuages sont « coincés », et l’air, déjà sec et réchauffé par l’évaporation, passe de l’autre côté, là où se situe le vignoble auvergnat. li>
Climat continental tempéré, sec, favorable à la vinification, renforcé par l’effet foehn, éliminant l’humidité et les précipitations et régulant les différences de température. Cependant, les étés ici sont assez chauds et les hivers sont froids
Composition particulière des sols (principalement basalte et granite, mais on trouve également des marnes et des calcaires), avec un teneur élevé en minéraux, mais faible en matière organique, acidité relativement élevée, nocive pour les parasites et avec un bon drainage.
Emplacement sur le 45e parallèle, séparant les régions viticoles du nord et du sud et considéré comme le plus optimal pour la culture du raisin.
La combinaison de ces caractéristiques permet d’obtenir des raisins mûrs avec une acidité rafraîchissante assez élevée et un bouquet aux multiples facettes avec une minéralité prononcée.
Cépages et types de vins d’Auvergne
Les vins de l’appellation protégée Côtes d’Auvergne sont produits en trois couleurs – blanc, rosé et rouge. Pour obtenir une appellation, les blancs doivent être constitués à 100 % de Chardonnay, les rouges et rosés doivent être constitués de Gamay ou d’un assemblage de Gamay et de Pinot Noir (mais les proportions de ce dernier ne doivent pas dépasser 50 %).
En plus de l’appellation, l’Auvergne possède également une indication géographique protégée – l’IGP Puy de Dôme, nommée après le célèbre volcan et le département lui-même. Ici, les critères sont déjà beaucoup plus flexibles – l’utilisation d’un plus grand nombre de cépages et dans des proportions différentes est autorisée, et les vins peuvent être non seulement blancs, rosés ou rouges classiques, mais aussi gris (une couleur rose très pâle, obtenue par le même procédé, que les vins rosés ou issus de cépages à peau rose comme le Pinot Gris).
Producteur de vins en Auvergne – Désprat-Saint Vérny
Une entreprise familiale qui existe depuis 1885 et qui fut l’une des premières à remarquer la particularité du terroir volcanique et des vins d’Auvergne. Aujourd’hui, l’entreprise appartient à la cinquième génération, qui honore invariablement les traditions et la réputation du domaine historique. Chardonnay Terre & Laves. Côtes d’Auvergne 2022 est un vin blanc sans élevage en fût, ce qui permet au Chardonnay refléter le terroir, ainsi que la combinaison de l’effet foehn qui assure la maturation des raisins, et des sols volcaniques (les raisins sont récoltés sur différents sites situés dans la vallée des volcans). Le bouquet expressif révèle la maturité et la jutosité des fruits à noyau et des fruits exotiques (pêche blanche, abricot, fruit de la passion), des agrumes et des fleurs blanches, la salinité et la minéralité de pierres sèche, particulièrement exprimées dans une longue finale. L’acidité du vin est élevée et fraîche.
809. Chardonnay Muscaté. Côtes d’Auvergne 2022 est un vin issu du clone 809 Chardonnay, un Chardonnay rappelant le cépage Muscat dans son bouquet aromatique. En effet, l’arôme de ce vin est vif, sucré, avec des notes distinctes de raisin frais, de mirabelle sucrée et de fleur d’oranger. Le vin a une texture ronde et beurrée et une douceur subtile (qui vient de cette texture et de ces arômes juteux), mais le vin lui-même est sec et agréablement frais, avec un côté acidulé très délicat. La finale longue et fraîche avec une légère minéralité. En effet, dans une certaine mesure, ce Chardonnay rappelle le Muscat, mais avec une acidité plus élevée.
Le Gamay 348. Côtes d’Auvergne 2020 est un vin rouge sec issu du cépage Gamay qui, selon les règles de l’appellation, doit être majoritaire dans l’assemblage. Les vignobles poussent sur des sols basaltiques, à 348 mètres d’altitude, d’où le nom de cuvée. Le vin n’a pas été élevé en barrique et reflète le profil fruité éclatant du Gamay, complété par des notes volcaniques. Les arômes sont majoritairement de baies et de fruits : cerise noire et rouge, prune rouge, mûre, clou de girofle et une légère touche de rose séchée. La bouche est ronde et agréable, avec les mêmes notes de baies juteuses avec une note épicée de cannelle. Les tanins sont polis, souples, une bonne acidité, de la structure et une longue finale.
Boudes. Côtes d’Auvergne 2022 – Un assemblage de 60% Gamay et 40% Pinot Noir, sans élevage en barrique. Les raisins proviennent des terrasses et des sols volcaniques de la région de Boudes, au sud du volcan Puy de Dôme. Le nez est assez expressif, avec une dominante de petits fruits (cerise, groseille, fraise, sureau), avec des notes de réglisse, de thym et de romarin séché. En bouche, on retrouve des baies et des fruits noirs (cerise noire, prune noire, mûre) et des tanins structurés, complétés par de la minéralité dans une longue finale avec une pointe de poivre noir.
La Légendaire Rouge. Côtes d’Auvergne 2019 est un vin particulier auquel je dédie article séparé. Ici, je me concentrerai sur ses propriétés organoleptiques. Un assemblage de 60% de Gamay d’Auvergne (un clone distinct de ce cépage) et de 40% de Pinot Noir provenant des meilleures parcelles cultivées sur différents sols volcaniques (basalte, granit, pierre ponce), qui, en plus d’un élevage en fûts de chêne français (pendant 12 mois), poursuivra son élevage dans des caves à 1200 mètres d’altitude. L’arôme se distingue par sa profondeur et sa concentration, sa maturité juteuse et sucrée (cerise noire, prune noire, confiture de cerises, pruneaux, groseille rouge, framboise mûres, fraise), ses épices élégantes (cannelle, réglisse, clou de girofle), ainsi que d’agréables notes herbacées (romarin frais, laurier). Le bouquet est complété par une légère note boisée et des arômes de chocolat noir et de cacao. En bouche, on retrouve la même concentration, la même maturité, des tanins forts et structurés, mais veloutés. Le vin est enveloppant, expressif et multiforme, avec des notes florales, herbacées fraîches et épicées dans une longue finale.
Pourquoi le monde du vin est-il si intriguant et attractif ? Non seulement parce qu’il est toujour en changement : les vignerons suivent les goûts des œnophiles, essaient de nouveaux cépages et technologies, et le vin lui-même, en fonction des conditions météorologiques de l’année en cours, différera du profil du vin de l’année précédente. Le vin est en quelque sorte lié au passé et aux traditions et, comme un monument historique ou une œuvre d’art, peut raconter sa propre histoire et transmettre ces traditions.
Dans cet article, je voudrais parler de ce qui était autrefois l’un des vignobles les plus étendus de France et d’un domaine familiale qui s’efforce non seulement à le faire revivre le vignoble de la région, mais aussi à mettre en valeur la particularité de son terroir et l’individualité de ses vins. Je parle de la région Auvergne et du domaine viticole Desprat-Saint Verny.
Histoire du domaine
Desprat-Saint Verny est l’une des plus anciennes entreprises familiales du Cantal : elle existe depuis 1885 et est aujourd’hui détenue par la cinquième génération.
Au début de son histoire, l’entreprise n’était pas une cave, mais un négociant en vins, ce qui était également considéré comme une activité importante et noble, car les marchands de vins s’occupaient de la mise en bouteille des vins, qui étaient ensuite servis à la table familiale pour le traditionnel déjeuner dominical. des familles nobles et pour les célébrations importantes – mariages, baptêmes, fêtes républicaines… Par ailleurs, les marchands de vin livraient du vin en barriques aux ouvriers et aux paysans, leur fournissant ainsi l’élément de leur alimentation dont ils avaient besoin.
C’est alors que l’un des fondateurs du domaine, Jean Desprat, attire l’attention sur le vignoble alors méconnu du Puy de Dôme et se fixe l’objectif de montrer tout son potentiel. Depuis, la volonté de redynamiser le vignoble d’Auvergne, de produire des vins de qualité et de faire de la région la capitale mondiale des vins volcaniques est l’objectif principal du domaine.
Desprat Saint Verny est un partenariat entre les deux principales entreprises viticoles d’Auvergne – la famille Desprat – négociants héréditaires, et Saint Verny – l’un des principaux producteurs de vins d’Auvergne. Ensemble, ils possèdent plus de la moitié de la superficie du vignoble et prévoient de planter encore des dizaines d’hectares.
De plus, le syndicat regroupe 65 viticulteurs de la région, avec lesquels il travaille. Ses spécialistes connaissent chaque parcelle, surveillent les vignes et les œnologues participent à l’élaboration des vins. Les raisins entrent dans une cave moderne, fonctionnant par le principe de gravité, dotée d’infrastructures de pointe (cuves de fermentation thermorégulées, pressoirs pneumatiques) et d’une capacité de produire 11 000 hectolitres de vin.
C’est aujourd’hui le principal producteur de vins d’Auvergne.
Terroir et sols
Dire que les sols d’Auvergne sont volcaniques serait très simpliste (lisez cet article pour avoir plus de détail sur l’appellation d’Auvergne, et aussi cet article, qui pale des vins volcaniques en général). Basalte, granit, pierre ponce, pépérine (tuf volcanique avec des mélanges de basalte et de calcaire), pouzzolane (mélange de cendres volcaniques, de tuf et de pierre ponce) – ces roches se trouvent dans des différentes proportions sur les sites de la cave Desprat Sant Verny ou sur les parcelles de ses vignerons-partenaires. De plus, la région possède des sols argilo-calcaires, argileux et caractéristiques du Chablis et de la Champagne issus du calcaire Kimmeridgien, sur lesquels poussent des cépages blancs. Si ce type de sol (le plus adapté aux raisins blancs) confère aux vins de la droiture, de la fraîcheur, des notes éclatantes d’agrumes, une acidité élevée et une minéralité délicate et « crayeuse », alors que le terroir volcanique est à l’origine d’un bouquet fruité complexe, épicé et riche. avec une minéralité particulière qui ressemble à l’arôme de pierre sèche, du granit et parfois du graphite.
Une autre particularité du terroir auvergnat, caractéristique des vignobles de Desprat Saint Verny, est l’altitude de 300-500 mètres et l’effet foehn – un vent chaud qui apparaît grâce aux montagnes du Massif Central. Lorsque les nuages de pluie provenant de l’océan Atlantique sont arrêtés par les montagnes, les précipitations se concentrent et tombent du même côté, et les nuages traversent les montagnes en étant beaucoup plus légers. Les masses d’air descendent des montagnes et se réchauffent, et à la suite de ce phénomène physique, un vent chaud apparaît, qui augmente la température d’air et favorise une meilleure maturation des raisins. Apprenez-en davantage sur l’effet Föhn et le terroir auvergnat dans mon prochain article.
Gamme de vins
Un terroir si diversifié est à l’origine de trois gammes de vins :
Fusion – des vins fruités, juteux et accessibles, pour des plats simples et des apéritifs
Eruption – une gamme de vins plus complexes reflétant les caractéristiques du terroir
Magma – une gamme premium de vins issus de sols volcaniques avec un bon potentiel de garde
Cuvée La Légendaire
Le vin historique, la cuvée « La Légendaire », mérite une attention particulière. Il a été créé par Jean Desprat, l’un des fondateurs du domaine. Il a constaté, que le vin qu’il faisait vieillir sous terre dans les hêtraies des montagnes, de l’automne au printemps, se transformait en une boisson merveilleuse. Il a alors décidé de créer un vin qui incarnera la singularité du terroir auvergnat. Depuis, ce vin, devenu une légende vivante, est élevé dans de petites caves, traditionnelles du département du Cantal, dans des cabanes de bergers de haute montagne (à 1200 mètres d’altitude !), qui s’appelent « Buron ». Auparavant, ils étaient utilisés par les bergers qui emmenaient leurs troupeaux en haute montagne, comme abri et pour la production et l’affinage des fromages locaux – Cantal, Salers, Saint-Nectaire, Fourme d’Ambert de mi-mai à mi-octobre.
Pour cette cuvée premium, qui existe en blanc et en rouge, les raisins de Gamay, de Pinot Noir et de Chardonnay issus des meilleures parcelles sont utilisés. Ensuite, le vin est élevé d’abord en fûts de chêne français pendant 12 mois. La dernière étape particulière de l’élaboration de cette cuvée est le vieillissement de 6 mois dans les caves fraîches d’une cabane de berger en pierre à 1200 mètres d’altitude. C’est cet hivernage qui joue un rôle majeur dans la création de l’individualité, du profil unique et de l’excellent potentiel de garde de la cuvée « La Légendaire ». Les caves souterraines offrent des conditions idéales pour la maturation du vin – une température fraîche constante, l’obscurité et le niveau d’humidité requis, ainsi qu’une pression atmosphérique plus basse contribuent à l’apparition de tanins structurés, mais élégants et d’un bouquet spécial, riche, frais et harmonieux, caractéristique pour les vins de montagne.
Au printemps, le dernier lundi avant la fête de Pâques, la famille fait venir plusieurs centaines d’invités spéciaux qui ont la chance inouïe d’être les premiers à déguster le nouveau millésime de cette cuvée. Cet événement fait partie de la tradition auvergnate depuis 23 ans !
Dégustation de La Légendaire Rouge. Côtes d’Auvergne 2019
Cette cuvée est un assemblage de 60% de Gamay d’Auvergne (clone distinct de ce cépage) et de 40% de Pinot Noir provenant des meilleurs sites poussant sur différents sols volcaniques (basalte, granite, pierre ponce).
Le nez du vin est profond, multiforme et expressif, avec des notes juteuses et sucrées de cerise noire, de prune noire, de confiture de cerise, de pruneaux, de cerises séchées, de groseilles rouges, de framboise mûre et de fraise, complétées par le côté épicé élégante de cannelle, de réglisse, clous de girofle et anis étoilé, ainsi que d’agréables nuances herbacées (romarin frais, thym, laurier). Le côté boisé du bouquet est discret, plus épicé et torréfié, que « boisée » et se distingue par des arômes de chocolat noir, de cacao, de noisettes torréfiées et de café. En bouche, le vin est riche, rond, avec une concentration, une maturité et une complexité étonnantes. Les tanins sont fermes et structurés, mais veloutés et pas astringents. Le bouquet de saveurs est enveloppant, expressif et complexe. En plus des nuances du bouquet aromatique, on a des notes florales (lys, violette), d’herbes fraîches (thym frais et romarin) et épicées dans une longue finale.
Un vin unique qui mériterait même d’être élevé plusieurs dizaines d’années et ouvert lors d’une occasion spéciale !
Après le temps plutôt frais et humide de 2021 (surtout dans le contexte du réchauffement climatique, ou changement climatique dont on entend constamment parler de nos jours), 2022 s’avère plus en phase avec les réalités climatiques du moment. Le manque de précipitations en hiver et l’été 2022 plutôt sec et chaud ont particulièrement affecté le cycle végétatif de la vigne et, par conséquent, le profil organoleptique des vins.
Conditions météorologiques et l’hiver 2022
Avant de passer aux estimations, regardons les conditions météorologiques de l’hiver 2022 :
Après un automne 2021 assez sec, décembre 2021 a été chaud et humide, suivi de janvier et février 2022 ensoleillés et secs. Le début du mois de mars 2022 a été frais et le temps n’a commencé à s’améliorer que vers la fin du mois, entraînant un début de cycle végétatif (débourrement) 2022 plus tardif que 2021 et hétérogène/li>
Les gelées d’avril (2, 5 et 10 avril) se sont révélées moins intenses et plus précoces qu’en 2021, et ont eu un effet moins important sur le vignoble. Cependant, début avril, les précipitations ont également été inférieures à la normale, ce qui a rendu impossible la reconstitution du déficit hydrique du sol. La vitesse de croissance des vignes est donc restée dans les valeurs moyennes.
Le mois de mai 2022 a été l’un des mois les plus chauds de ces dernières décennies. Les températures ont atteint 30 degrés pendant plusieurs jours, suivies d’orages et de grêle localisés. Cette humidité a permis d’accélérer la croissance de la vigne, mais, là encore, elle a été inférieure à la norme de la région. À la mi-mai, les premières fleurs sont apparues dans les vignes et la floraison s’est déroulée assez rapidement et dans des conditions favorables.
Ainsi, en 2022, le premier critère d’un millésime réussi a été rempli : une floraison uniforme et rapide, dans des conditions favorables. Le début chaud de l’été a apporté une humidité tant attendue sous forme d’orages et, par endroits, de grêle, ce qui a permis d’accélérer la formation des grappes et la croyssance des baies. Le mois de juillet a été caractérisé par des journées ensoleillées, des températures élevées (supérieures à 35 degrés) et un manque de précipitations qui ont stoppé la croissance des baies et qui expliquent leur petite taille au moment de la récolte.
Le début de la maturation (véraison – changement de couleur des baies du vert au rouge ou au jaune selon les variétés) s’est généralement produit de manière rapide et homogène, à l’exception des zones avec des sols particulièrement drainants et chez les jeunes vignes, où elle a été plus lente. C’est-à-dire que la croissance de la vigne s’est arrêtée avant que les baies ne commencent à mûrir (une autre condition pour un millésime réussi), mais relativement tôt en raison du manque d’humidité du sol et des températures élevées. La maturation la plus uniforme s’est produite dans les zones où le sol a retenu le plus d’humidité après les pluies de juin. Dans les zones aux sols drainants, la maturation a été ralentie.
En août 2022, les températures se sont rapprochées des moyennes et la fin de saison a été chaude et sèche. Les faibles pluies n’ont pas affecté l’état sanitaire des raisins, mais ont permis de débloquer le processus de maturation des baies, qui dans certaines zones s’était arrêté en raison du manque d’humidité du sol. Ainsi, les vignerons ont vendangé sans précipitation et ont pu choisir la date la plus adaptée pour cet événement important.
La récolte des variétés blanches a commencé tôt – dans la première quinzaine d’août, ce qui pourrait signifier un manque de composantes aromatiques et une faible acidité en raison d’un été trop chaud. Cependant, le Sauvignon Blanc, bien que présentant une acidité inférieure à la moyenne de ce cépage, s’est montré assez aromatique, surtout là où le terroir permettait de retenir davantage d’humidité (sols argilo-calcaires). Le sémillon a été assemblé un peu plus tard, car il est moins sensible aux températures élevées, ce qui lui a permis de développer des arômes de fruits à noyau assez frais mais juteux.
Les cépages rouges produisent de petites baies, avec une concentration en sucre importante et une acidité plutôt faible (une des plus faibles des 10 dernières années). Le Merlot déjà fin août n’avait pas de notes « vertes » ou « herbacées », mais seulement des arômes juteux et fruités. Ce cépage a été entièrement récoltée à la mi-septembre dans des conditions climatiques idéales. Le Cabernet Sauvignon a continué à mûrir dans les mêmes conditions favorables, mais au moment de la récolte, il présentait également une acidité assez faible pour lui. Cependant, les deux variétés présentaient une concentration incroyable d’anthocyanes, l’une des plus élevées de ces dernières années. Ainsi,la dernière condition d’un millésime réussi, une fin de saison sèche et chaude, qui a permis aux cépages tardifs de mûrir et aux vignerons de déterminer la date optimale de vendange, a été pleinement remplie en 2022.
Vins doux et développement de la pourriture noble
Pour les vignobles produisant des vins doux de Bordeaux, les conditions chaudes et sèches de fin de saison ne sont au contraire pas les plus favorables, car cela ne favorise pas la développement de la pourriture noble, mais dessèche les raisins. En août, les cépages blancs du vignoble de Sauternes se distinguaient déjà par leur maturité idéale : faute d’humidité, les baies commençaient à se dessécher. Ces raisins n’ont pas été adaptés à la formation et au développement de la pourriture noble, ils ont donc été récoltés dans la première quinzaine de septembre. Certains vignerons ont alors décidé de tenter leur chance et d’attendre des conditions plus favorables, et d’autres ont décidé de terminer les vendanges à la mi-octobre. Cependant, à partir de la deuxième quinzaine d’octobre et après une courte période de pluies, le temps est redevenu plus sec et plus venteux, ce qui a permis un développement rapide et homogène du botrytis. Les vendanges de la deuxième quinzaine d’octobre ont produit des baies concentrées, riches en aromatiques et riches en sucre (mais peu acides), laissant espérer des vins de Sauternes profonds et concentrés.
Conclusion : millésime 2022 – millésime de terroir
Comme indiqué ci-dessus, les températures élevées, le manque de précipitations et les vendanges précoces impactent négativement les arômes et l’acidité des cépages blancs, donnant lieu à des vins plats sans grand intérêt ni potentiel. Cependant, les sols argileux et argilo-calcaires ont joué un rôle important dans la maturation des raisins, de sorte que les vins qui en sont issus se sont révélés juteux, aromatiques (notamment avec des notes de fruits à noyau et de fruits tropicaux), avec une faible acidité, mais assez harmonieux. Pour les vins doux, le moment des vendanges s’est également avéré important – la patience des vignerons, qui ont décidé de la reporter à la mi-octobre, a permis d’obtenir des vins riches et concentrés, capables de vieillir pendant des décennies, et d’avoir une acidité équilibrée. Les cépages rouges ont pour la plupart profité des conditions extrêmes de 2022 (mais favorables lors des périodes clés du cycle végétatif). Le Merlot sur sols argilo-calcaires s’est révélé juteux et fruité, mais pas trop mûr, le Cabernet Franc – aromatique et assez frais, le Petit Verdot, surtout là, où il apas été soumis à un stress hydrique excessif – épicé et riche, et le Cabernet Sauvignon – acidulé, mais pas astringent. Après le millésime 2021, qui se distingue des années précédentes par son caractère bordelais classique, sa fraîcheur et sa forte acidité, le millésime 2022 surprend par sa richesse et son niveau d’acidité globale moyen à faible, mais aussi par l’équilibre des vins. Pour l’instant, les vins de Bordeaux 2022 peuvent être qualifiés d’exceptionnels, mais seul le temps nous dira leur véritable potentiel. Dans le prochain article, je publierai des dizaines de notes de dégustation de la Semaine de Primeurs 2022. Source : Le millésime 2022 à Bordeaux, Pr Laurence GENY, Elodie GUITTARD, Dr Valérie LAVIGNE et Pr Axel MARCHAL, Institut des Sciences de la Vigne et du Vin de l’Université de Bordeaux, Unité de Recherche Œnologie Avec la participation de N. ALVAREZ, C. BAZ, V. TENINGE, L. RIQUIER et A. RABOT
Lors du salon professionnel Wine Paris Vinexpo 2023, j’ai été invité à visiter le stand du domaine géorgien Khareba pour une dégustation de vins issus de cépages autochtones géorgiens. Ce domaine est l’un des plus modernes de Géorgie, axé sur la production de vins de haute qualité en utilisant à la fois la méthode traditionnelle géorgienne d’élevage en qvevri et les technologies modernes.
Les cépages européens Riesling, Sauvignon Blanc, Chardonnay, Aligote, Muscat, Pinot, Cabernet Sauvignon, Cabernet Franc et Merlot sont cultivés dans les vignobles de Khareba. Mais la véritable richesse du domaine sont les vignobles avec les cépages géorgiens autochtones, dont certaines sont assez rares (en plus du Saperavi, le domaine a des plantations de Krakhuna, Kisi, Tsitska, Tsolikouri, Tavkveri – au total, 25 cépages différents). Le domaine Khareba possède des vignobles dans différentes régions de Géorgie, principalement à Kakheti, ainsi qu’à Imereti, Racha-Lechkhumi et Samegrelo. Au total, il fait environ 50 types de produits : des vins de base aux vins haut de gamme, des vins d’indications géographiques protégées, élaborés selon les technologies modernes et traditionnelles, ainsi que de l’huile de pépins de raisin.
Dégustation de vins du Domaine Khareba
Krahuna 2021.Vin issu du cépage autochtone géorgien Krakhuna, de la région d’Imereti, où se rencontrent les influences marines et continentales, avec des sols calcaires. Le vin est élaboré selon les technologies de vinification modernes, sans fermentation malolactique, avec la maceration pendant 4 heures. Krakhuna est un cépage locale imertinien, qui se distingue par ses arômes expressifs avec des notes de fruits à noyau mûrs (pêche, abricot, prune jaune), de poire, de pomme, de citron mûr, de fleurs blanches (acacia, fleur de pommier) et d’herbes aromatiques fraîches (thym, sauge, menthe). Le vin a un corps moyen, a une finale longue et une excellente concentration, équilibrée par une acidité élevée.
Mtsvane 2021. Des méthodes de vinification modernes ont également été utilisées ici, mais avec une étape supplémentaire de boutonnage pendant deux semaines. Le vin présente un bouquet complexe et riche, mêlant les fruits à noyau (pêche, abricot, nectarine), les fleurs d’acacia et de pommier, des nuances expressives d’autolyse (brioche, pâtisserie, levure), ainsi que la fraîcheur des herbes des prés. Vin harmonieux, riche et à la fois élégant.
Tsitska Qvevri 2012. Vin issu d’un cépage géorgien autochtone, de la région d’Imereti, élaboré selon la technologie traditionnelle de vieillissement qvevri. Le vin du millésime 2012 a été mis en bouteille en 2014, après une période de macération assez longue (30% du volume total de pulpe a été utilisé pour l’élevage). Le nez et la bouche sont très expressifs, avec une astringence notable, qui est conférée au vin par une petite quantité de tannins, due à la macération. Un bouquet riche et varié d’épices (girofle, muscade), de fleurs et herbes séchées, de sous-bois humides, d’abricots secs, d’écorces d’oranges séchées et de coings frais. La bouche se caractérise par une concentration, une bonne longueur et une harmonie étonnante.
Kisi Qvevri 2018. Pour élever ce vin issu d’un autre cépage autochtone et de la région de Kakheti, 100% de pulpe a été utilisée pendant la macération, ce qui se ressent dans le goût. Si le vin précédent du cépage Tsitska n’était que légèrement tannique, les tanins du Kisi sont nettement plus présents. L’arôme et le goût de ce vin sont également brillants et riches – pomme, zeste de pomme, coing, zeste d’orange séché, zeste de citron séché, cumin, cumin, gingembre séché. La longue finale révèle une acidité élevée et de la richesse, mais le vin reste souple et rond.
Saperavi 2014. Vin issu du cépage rouge géorgien le plus célèbre, Saperavi, et les raisins de cette cuvée ont été récoltés sur une seule parcelle. 30% de son volume a été élevé pendant 6 mois en fûts de chêne. Vin aromatique et juteux avec des notes de cerise séchée, de pruneaux, de cerise noire fraîche, de réglisse, de sous-bois, de champignons, de poivre noir. En bouche, l’attaque est ouverte et douce, avec des notes fruitées juteuses. Le niveau de tanins est assez élevé, la finale est moyen (+) long.
Saperavi Khareba 2018. Ce vin a suivi un vieillissement plus long en fûts de chêne neufs – 8 mois. Tout aussi aromatique, mais avec des notes plus fraîches de cerise noire, de prune noire, de réglisse, avec une structure tannique plus ronde, un corps moyen (+), une fraîcheur surprenante, une acidité élevée et une finale de cerise juteuse avec des notes très agréables de thym séché et de romarin.
Tavkveri Qvevri 2021. Un cépage rouge géorgien autochtone très rare, dont il n’existe que 60 hectares dans tout le pays. Il était autrefois plus répandu, mais à l’époque soviétique il a été remplacé par les cépages plus productifs et plus faciles à cultiver (Saperavi, Rkatsiteli). Le vin a subi une fermentation malolactique en qvevri. L’arôme est très inhabituel, rond, légèrement lactique. Des notes de yaourt à la cerise, de rose, de pivoine, de cassis, de myrtille et d’herbes aromatiques séchées sont distinctes et expressives. Les tanins sont assez fermes et nécessitent un vieillissement supplémentaire en bouteille, l’acidité est élevée et fraîche.
Recherche sur l’impact de la pandémie de COVID-19 sur le monde du vin
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Presque 3 ans sont passés après le début de la pandémie de COVID-19. Mais certains aspects de notre vie quotidienne restent toujours impactés par les restrictions introduites pendant la pandémie, comme, le télétravail, qui n’a pas disparu.
Comment a l’industrie du vin a vécu ces événements qui ont basculé la vie du monde entier ? Quel impact la pandémie a eu sur l’industrie du vin ? Est-ce que ses effets sont durables ou tout est revenu à la normale ? Afin de répondre à ces questions, j’ai mené une recherche, dont vous pouvez consulter pour des fins non-commerciaux (personnel, études…). N’hésitez pas à me contacter pour recevoir gratuitement ma recherche en format PDF.
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