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IGP Agenais: entre Bordeaux and Toulouse

Bordeaux est sans conteste l’appellation la plus célèbre du sud-ouest de la France et de la région Aquitaine. Cependant, d’autres appellations de la région produisent des vins issus des mêmes cépages que Bordeaux, de style similaire, mais moins connus, voire quasiment inconnus, hors du pays.

L’une d’elles est l’indication géographique protégée (IGP) Agenais, qui couvre seulement 84 hectares et est située dans le département du Lot-et-Garonne. Officiellement créée en 1982 (alors appelée Vin du Pays Agenais), cette appellation a obtenu le statut d’indication géographique protégée (IGP Agenais) en 2009.

Où se trouve-t-elle ?

Au sud-est de Bordeaux, à peu près à mi-chemin de Toulouse, elle est traversée par la Garonne et le Lot. Cependant, les raisins utilisés pour les vins doivent être cultivés dans le département.

Un peu d’histoire

Le vignoble du Lot-et-Garonne existe depuis le XVIIIe siècle. La vigne y a été plantée si rapidement qu’en 1747, le gouverneur de Bordeaux a interdit la création de nouveaux vignobles, qui avaient commencé à remplacer les cultures céréalières, par crainte de famine. Cependant, à la fin du XIXe siècle, le vignoble du département n’a pas échappé au sort des autres régions européennes et a été ravagé par le phylloxéra. Depuis le milieu du XXe siècle, le vignoble a connu un renouveau et a reçu l’appellation de Vin du Pays Agenais en 1982, puis l’appellation plus spécifique d’IGP Agenais en 2009.

Terroir IGP Agenais

Le climat est similaire au climat océanique de Bordeaux, mais avec une influence plus continentale. Le Lot-et-Garonne étant plus éloigné de l’océan Atlantique, les différences de température y sont plus marquées : les étés sont plus chauds et les hivers plus froids. Cependant, l’influence atlantique atténue quelque peu cette différence et apporte l’humidité nécessaire. Le Lot-et-Garonne étant plus proche de la Méditerranée, des masses d’air chaud y pénètrent en automne, favorisant la maturation des raisins. De par sa situation géographique, la région se trouve ainsi au carrefour des influences atlantiques et méditerranéennes.
Les sols y sont très variés et varient selon les zones. Au sud et à l’ouest de la Garonne, le sable prédomine ; au nord, le relief est vallonné avec des sols calcaires ; et le plateau entre Lot et Garonne est une mosaïque de sols différents.
En résumé : l’IGP Agenais est une mosaïque de microclimats différents, ce qui explique la diversité des styles de vins.

Cépages et vins

L’IGP Agenais produit principalement des vins rouges (67 %), suivis des rosés (22 %) et des blancs (11 %), pour un total de 4 105 hectolitres par an. L’IGP étant soumise à des critères moins stricts que l’AOC concernant le volume de production, les cépages et les techniques de production, outre les cépages bordelais les plus connus (Merlot rouge, Cabernet Sauvignon et Cabernet Franc, ainsi que Sémillon blanc, Sauvignon blanc et Muscadelle), elle autorise également le Gamay rouge (cépage du Beaujolais), l’Abouriu, l’Alicante Bouschet, ainsi que le Colombard blanc, le Chardonnay et l’Ugni blanc (pour n’en citer que quelques-uns).
Les vins peuvent être élevés en fût ou non, purement fruités, épicés, acides ou moelleux. Il est impossible de décrire le style en une seule phrase, car il dépend largement du goût et des envies du vigneron, qui n’est pas soumis aux règles strictes de l’AOC.

Côtes des Oliviers. Vin de Pays de l’Agenais 2017

Arôme : Doux, enveloppant et délicat, avec des notes fruitées expressives de fraise, de prune rouge fraîche et cuite, de cerise rouge mûre et de confiture de cerise. L’élevage en fût de chêne révèle des notes de fumée, de pain grillé, de bois, de cacao et de café.

Gustative : Fruité (fraise, cerise, prune et une pointe de confiture) avec des notes prononcées de chocolat noir, de cacao, de café et de poivre noir. Tanins fins et veloutés, acidité agréable et finale assez longue avec une pointe de pruneau et de poivre.

Impression générale et note qualitative : Un vin très agréable avec un rapport qualité-prix étonnamment bon.

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Si dans l’article précédent l’exemple du Chardonnay australien à un prix (incroyablement) bas n’est pas seulement logique, mais est un exemple classique de l’impact des technologies de production sur le prix du vin est celui d’un vin de Bordeaux bénéficiant d’une indication géographique protégée (IGP). Vendu 3 €, c’est une autre histoire. Un amateur de vin, même affirmé, sera probablement tenté par un tel prix, tandis qu’un professionnel du vin, et surtout un vigneron, sera plus que surpris, voire indigné. De plus, pour les discounters, 3 € ne sont pas la limite : avec la promotion 4+2, le prix de la bouteille tombe à 1,99 €, 1,69 €, voire 1,39 €.

De telles prix provoquent, à juste titre, des vagues de protestations parmi les vignerons, avec des pancartes de condamnation placardées devant les magasins et des entrées barricadées avec des pieds de vigne arrachés. Et pas seulement pour la simple raison que vendre une bouteille à moins de 2 euros (raisins, emballage, étiquetage, bouchon, sans compter les coûts de production et les salaires des ouvriers) rend tout simplement impossible de faire du profit et de vivre, mais aussi parce qu’un prix excessivement bas porte atteinte au prestige de l’appellation elle-même, remettant en cause la qualité des vins et leur caractère séculaire.

Alors, d’où vient un prix aussi incroyablement bas ? Non seulement la politique des discounters, qui consistait à vendre leurs produits à des prix (très) inférieurs à la moyenne, a joué un rôle, mais aussi la crise de la viticulture bordelaise et de la filière viticole dans son ensemble :

  • baisse de la consommation d’alcool
  • baisse d’intérêt pour le vin chez les jeunes générations
  • préférence pour d’autres boissons

Si l’on considère spécifiquement Bordeaux, la crise viticole de la région, outre les facteurs mentionnés ci-dessus, a été influencée par des facteurs plus spécifiques :

  • entrepôts débordés, remontant à 2009, lorsque le premier plan d’arrachage de vignobles a été annulé en raison de l’« euphorie chinoise » (la Chine venait d’entrer sur la scène mondiale du vin et a commencé à importer massivement des vins d’Europe), lorsque les vignerons bordelais, attirés par la population et la réputation de « luxe » des vins européens en Chine, ont essentiellement misé leur avenir sur l’exportation vers ce pays. Initialement, les Chinois étaient effectivement désireux d’acheter non seulement des vins, mais aussi des châteaux bordelais. Les prix des vins de la région ont alors flambé, stimulés par les semaines de Primeurs qui ont suivi des millésimes très réussis. Mais la pandémie de COVID-19 et l’essor de l’industrie viticole chinoise ont mis un terme à ces achats massifs, laissant une quantité considérable de vins de Bordeaux invendus.
  • La réputation de Bordeaux comme étant exclusivement rouge, bien que ce soit loin d’être le cas, incite les consommateurs, qui préfèrent actuellement les vins blancs, à moins s’intéresser à la région.
  • La contribution du critique de vin Robert Parker, qui a autrefois exercé une influence considérable sur le monde du vin, notamment à Bordeaux. Les vignerons voulaient tellement satisfaire le goût du critique pour des vins puissants, tanniques et élevés en fût, craignant de tout perdre à cause d’une seule critique ou d’un seul commentaire négatif de sa part, qu’ils y ont adapté leurs vins. R. Parker a pris sa retraite il y a longtemps, et les préférences des consommateurs ont depuis longtemps évolué vers un style plus léger et fruité, pas marqué par le bois neuf, mais la réputation que Parker a conférée aux Bordeaux demeure.

Si l’on ajoute à cela le fait que les Bordeaux sont généralement invendus et les bas prix pratiqués en magasin, qui « formatent » le budget des consommateurs, la situation économique et l’avenir de la région paraissent pas promeuteurs.

Dégustation : Baron de Ceyssac Bordeaux 2023

Couleur: Rubis, intensité moyenne

Nez : Intensité moyenne, bouquet simple, dominé par les fruits rouges acidulés (fraise acidulée, cerise rouge acidulée, canneberge, groseille), mais de légères notes de fût sont toujours présentes (menthol, réglisse, bois frais, sève).

Palais: Étonnamment agréable. L’attaque est fruitée, révélant les mêmes fruits rouges mûrs qu’au nez (fraise, canneberge, groseille), mais légèrement plus sucrée, complétée par des notes de cassis et de prune noire. Les tanins sont souples, non asséchants, mais enveloppants. Le goût présente également des notes de fût légèrement plus prononcées (amertume du café, chocolat noir, vanille). La finale est courte mais agréable, avec une acidité moyenne mais assez fraîche, une subtile touche de mûre et une belle amertume.

Impression générale et évaluation de qualité : Un vin étonnamment raisonnable pour son prix, voire même plutôt agréable. Je pense qu’il aurait pu être plus cher au départ, mais le producteur a signé un contrat avec le discounteur pour le vendre à un prix inférieur.

Comment se forment les notes de fût dans le profil d’un vin vendu 3 euros, compte tenu de son élevage en fûts de chêne ? (qui, pour rappel, rajoute au moins 1 euro au prix initial)

Les fûts étaient bel et bien utilisés(comme indiqué sur l’étiquette), mais pas neufs, nécessaires à la micro-oxydation, et non au développement des arômes de chêne. Les arômes de chêne assez intenses (vanille, chocolat) du chêne d’occasion pourraient provenir de l’ajout de copeaux ou de douelles de chêne aux fûts pendant l’élevage. Lorsque le vin est ainsi « infusé » de bois, les notes de chêne sont plus prononcées, dans un sens positif, rappelant la vanille, le bois brûlé et le pain grillé, plutôt que, par exemple, les noisettes grillées ou le cacao.

Conclusion : Bordeaux bon marché est-il vraiment synonyme de vin médiocre ?

Outre les points précédents : l’une des causes indirectes de la crise viticole bordelaise, aussi paradoxal que cela puisse paraître, pourrait être celle de ceux qui ont fait la renommée mondiale de la région. Des Grands Crus renommés, incontestablement des vins exceptionnels, ont donné aux Bordeaux une réputation de vins chers. Bien que cela ne soit pas tout à fait vrai, et que seulement 3 % des vignerons produisent des Grands Crus, des Bordeaux abordables suscitent des questions et des doutes chez le consommateur. La région a des vins agréables, faciles à boire et abordables, qui s’adaptent aux goûts modernes et s’accordent aussi bien avec les plats hivernaux copieux qu’avec les entrées estivales légères (certains rouges peuvent même être servis légèrement frais). Et pour ceux-ci, évitez les magasins discount ; mieux vaut se rendre dans une caviste ou directement au château, ce qui permettra au vigneron d’être rémunéré à sa juste valeur et de soutenir la viticulture française.

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Tour d’horizon de l’actualité viticole mondiale : août 2025

Sommaire :

Comment s’est déroulé le mois d’août, un de mois les plus importants pour les vignerons? Début des vendanges, canicule avec des températures atteignant parfois 40 degrés Celsius, droits de douane américains… Cet article résume l’actualité viticole du mois d’août.

L’impact des vagues de chaleur en été 2025

Aujourd’hui, il est difficile de trouver quelqu’un qui n’ait pas entendu parler du réchauffement climatique, qui semble osciller d’un extrême à l’autre. Les périodes de chaleur étouffante se multiplient en Europe, accompagnées de précipitations extrêmes sous forme d’orages et de grêle. La sécheresse et la chaleur ont touché de nombreuses régions viticoles, de l’Afrique du Nord à l’Australie ; dans cette analyse, nous nous concentrerons sur la France.

Quel pourrait être l’impact du changement climatique sur la viticulture et le vin ?

  • Il faut avancer les vendanges
  • Il faut protéger les baies du soleil
  • La vigne subit un stress hydrique
  • Les raisins accumulent plus de sucre qui signifie plus d’alcool dans le vin
  • Diminution de l’acidité du vin
  • Changement d’arômes : de fruits frais à confiturés

Pendant une semaine de chaleur, les raisins ont gagné en moyenne 2 % d’alcool potentiel supplémentaire. Il est donc important d’accélérer la récolte des raisins blancs avant que les baies ne perdent leur acidité, ainsi que des raisins rouges destinés aux vins rosés, pour la même raison. De plus, les orages et les fortes pluies qui suivent la chaleur peuvent rapidement faire gonfler les baies, voire éclater les pellicules, augmentant ainsi le risque de moisissures. Par rapport à 2024, les vignerons français ont produit 14 % de raisins en plus au total, grâce à de meilleures conditions sanitaires (moins de oïdium, de mildiou et de pourriture grise), mais 4 % de moins que la moyenne des cinq dernières années en raison de la campagne d’arrachage des vignes.

Tour d’horizon des régions viticoles françaises pendant les vendanges.

Chablis : Comparé à 2024, le millésime 2025 a été bien meilleur. Grâce à un temps sec et chaud, les vignes ont produit des grappes assez remplies, sans aucun signe de mildiou, qui, en raison de l’humidité, a détruit la majeure partie de la récolte 2024. En 2025, le mildiou ne s’est pas développé grâce à la sécheresse ; les grappes étaient exposées au risque de brûlure : l’exposition directe des raisins au soleil, qui assèche et brûle les baies.

Champagne : Les vignerons champenois décrivent 2025 comme un millésime précoce, mais excellent, grâce aux températures élevées du mois d’août et à l’accumulation rapide de sucre dans les baies (ce qui se traduit par des degrés d’alcool plus élevés dans le futur vin, qui ne permettront pas d’btenir la légèreté et la fraîcheur, nécessaires pour les vins effervescents). Cependant, grâce à cette même chaleur, le mildiou n’a pas ataqué les raisins, alors les grappes présentaient un excellent état sanitaire. Concernant le profil organoleptique, l’acidité des raisins est restée suffisante et les arômes se sont développés harmonieusement, permettant ainsi aux vignerons de récolter les fruits d’une année de travail en toute sérénité (David Chatillon, coprésident du Comité Champagne). Les dates de début des vendanges champenoises varient selon les communes et les cépages (la plus précoce en 2025 est le 20 août, la plus tardive le 4 septembre), mais elles sont globalement plus précoces que l’année dernière pour la région.

Alsace : Les vendanges de Crémant ont débuté le 19 août, soit 10 jours plus tôt qu’en 2024. Globalement, 2025 a également été une année favorable pour l’Alsace, grâce à un printemps chaud qui a permis un démarrage précoce du cycle de la vigne, la floraison et la nouaison dans un climat sec et chaud en juin. Les pluies de juillet ont ensuite gonflé les baies, et la chaleur d’août a contribué à une accumulation rapide des sucres (2 % d’alcool potentiel en une semaine, contre 1,2 % habituellement).

Val de Loire : Les vendanges de Crémant ont débuté trois semaines plus tôt qu’en 2024. La situation sanitaire du vignoble a également été plutôt favorable : certaines régions n’ont signalé aucune maladie, tandis que d’autres, n’ont été que légèrement touché. La situation est similaire en Centre-Loire et en Anjou-Samur : quasi-absence de maladie, de bons rendements, légèrement réduits par la sécheresse, et des vendanges plus précoces.

Bordeaux : La région confirme une fois de plus la légende des « millésimes de cinq » exceptionnels. Un début de printemps chaud mais humide a laissé place à un temps chaud et sec en mai, puis tout au long de l’été, avec de brèves interruptions d’averses, parfois même de grêle. En août, la région a connu une période chaude et sèche, avec des températures dépassant parfois les 40 °C. De ce fait, la vigne a arrêté le développement de ses parties vertes (feuilles, etc.) assez tôt et s’est concentrée sur la maturation des baies, qui bénéficierait de précipitations supplémentaires. L’année 2025 s’annonce actuellement très prospère. Mais septembre et octobre pourraient encore tout changer. Et, comme dans d’autres régions, les vendanges à Bordeaux ont commencé plus tôt que d’habitude.

Bourgogne dans son ensemble : Le millésime 2025 est également bien plus réussi que 2024 : le mildiou est quasiment absent et les raisins sont en excellent état sanitaire grâce à un temps chaud et des vents secs. Comme dans d’autres régions de France, les vendanges ont été plus précoces et le rendement a été quelque peu réduit par la sécheresse et le stress hydrique, qui ont empêché les raisins de produire suffisamment de jus. La chaleur a accéléré la maturation, mais l’acidité est restée à un bon niveau.

Sud de la France : La région de Fitou a été la première à commencer les vendanges : les premières grappes de muscat y ont été coupées dès le 1er août (ce qui n’est pas un record pour le Languedoc, où les raisins étaient autrefois récoltés le 25 juillet). Il est important de noter que ce cépage muscat est destiné à des vins dont le degré d’alcool est inférieur à la moyenne (9 %). Il ne s’agit donc pas tant d’une vendange accélérée due à la chaleur que de la volonté de produire un vin d’un style spécifique. En Provence, les vendanges ont déjà commencé le 12 août.
Dans l’ensemble, la France s’attend à une récolte de bonne qualité et à une bonne année pour la viticulture, malgré un rendement réduit dû à la chaleur et au manque d’humidité.

Château Lafleur Pomerol abandonne sa célèbre appellation et même l’appellation Bordeaux

C’est peut-être l’un des événements les plus marquants, voire le plus marquant, depuis que les prestigieux Châteaux Ausone et Cheval Blanc ont décidé de ne pas solliciter le statut de Premier Cru Classé A (pour rappel, le classement des Crus Saint-Émilion est établi pour 10 ans, et les châteaux doivent renouveler leur candidature après cette période).
Les propriétaires du Château Lafleur, voisin tout aussi célèbre du légendaire Petrus, ont décidé d’abandonner non seulement l’appellation Pomerol, mais aussi l’appellation Bordeaux à partir de 2025, afin d’accéder à un plus large choix de pratiques viticoles et de cépages. Selon la famille Guinaudeau, propriétaire du château, « le climat change si rapidement et si radicalement que nous devons réagir et nous adapter rapidement. Notre approche de la gestion du vignoble évolue plus vite que le cahier des charges de l’appellation.»

Pour la famille Guinaudeau, 2015, 2019 et 2022 ont déjà démontré la nécessité de penser à l’avenir et à la survie de leur vignoble. La décision finale d’abandonner l’appellation Bordeaux, afin de bénéficier d’une plus grande flexibilité dans les techniques de vinification et de viticulture et ainsi préserver le style de leurs vins, a été prise en 2025, une année record.

Incendies dévastateurs dans le sud de la France

Si la chaleur et le manque de précipitations ont été bénéfiques pour les vignobles du nord de la France, dans le sud du pays, ils ont tourné à la catastrophe naturelle. Le 5 août, 15 communes du département de l’Aude ont été ravagées par un incendie dévastateur, détruisant 16 000 hectares de végétation (11 000 hectares de forêt, 2 000 hectares de terres agricoles et 1 500 hectares de vignes). Un mort et plusieurs blessés.

Les vignerons de l’appellation Corbières, fortement touchée par l’incendie et faisant partie du département, évaluent les pertes non seulement en termes de nombre de vignes brûlées. La fumée, qui enveloppait les raisins mûrs prêts à être vendangés, sera inévitablement absorbée par les baies, conférant au vin un goût désagréable et une odeur de brûlé, le rendant impropre à la vente et à la consommation.

Selon les Laboratoires Dubernet, le vin peut être sauvé grâce à l’osmose inverse et à la filtration au charbon actif, mais l’un des incendies les plus dévastateurs du XXIe siècle laissera des traces non seulement sur le rendement final du millésime 2025 dans les Corbières, mais aussi sur son économie, durement touchée par la crise viticole.

La gravité de la situation a amené le Premier ministre français, François Bayrou, à se rendre dans la région au lendemain des incendies pour (une fois de plus) déclarer l’état d’urgence et discuter d’une solution, notamment par le biais d’aides d’État. Cependant, même les vignerons languedociens les plus renommés et emblématiques n’ont pas réussi à convaincre les ministres de l’Agriculture et les Premiers ministres successifs, au fil des ans, que le climat actuel, les sécheresses et les pénuries d’eau sont une question vitale pour la viticulture régionale. La question de l’autorisation de la récupération des eaux de pluie et de l’irrigation des vignobles en cas de besoin est particulièrement urgente. Cette question ne nécessite qu’une exception à la réglementation et au cahier des charges de la région. Dans les régions viticoles françaises, l’irrigation des vignes n’est autorisée que pendant les premières années suivant la plantation, afin de favoriser la croissance et l’enracinement (et seulement si nécessaire). Or, l’eau qui tombe lors des fortes pluies dans les régions méridionales (c’est une particularité du climat local) est si puissante qu’elle n’a tout simplement pas le temps de pénétrer dans le sol. Autrement dit, la pluie tombe, mais c’est comme si rien ne s’est produit. Les vignerons languedociens réclament le droit d’irriguer avec ce type d’eau (et non avec l’eau du robinet), qui pourrait facilement alimenter les vignobles si elle était mieux répartie. Il convient de noter que le changement climatique a accru la fréquence et l’intensité des fortes pluies et des inondations, ce qui aurait dû inciter à l’irrigation dans la région. Or, cela n’a pas encore été fait.

Taxes américains

L’imposition de droits de douane sur les produits européens importés par le président américain Donald Trump a également porté un coup dur à la filière viticole française. Les vignerons espéraient que les boissons alcoolisées ne seraient pas incluses dans la liste, mais les négociations entre l’UE et les États-Unis ont échoué et une surtaxe de 15 % a été ajoutée à la surtaxe existante en raison de la conversion des euros en dollars, ce qui signifie que les produits européens coûteront 30 % de plus aux États-Unis qu’en Europe.
Quelles sont les conséquences pour la filière ? Les États-Unis sont le premier importateur de vins et spiritueux d’Europe : en 2024, les exportations d’alcool ont totalisé 8 milliards d’euros, dont 5 milliards d’euros de vin (et 2,4 milliards d’euros de vin français uniquement). Pour la France, les États-Unis constituent le premier marché d’exportation de vin, et l’introduction de droits de douane pourrait entraîner une baisse de 25 % des ventes. Compte tenu des difficultés actuelles, le déclin des exportations fragiliserait l’équilibre déjà fragile de la filière vitivinicole. Et si cette tendance se poursuit, les perdants seront les Français.

Et les Américains eux-mêmes : une baisse des exportations impacterait l’emploi portuaire, entraînant des pertes d’emplois, une baisse des profits, voire la fermeture de cavistes spécialisés dans les vins européens (sans parler du déclin général de la consommation de vin). Globalement, cela pourrait perturber l’équilibre du système d’importation et de distribution de vin aux États-Unis. Mais, théoriquement, la hausse des prix des vins européens profiterait aux vins américains, qui seraient plus demandés.

Sources :
La Revue du Vin de France : www.larvf.com
Vitisphere : www.vitisphere.com
SudOuest : sudouest.fr

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Dégustation de vins des magasins-discounters : Chardonnay australien de Lidl à 2,49 €

Introduction
Les prix des vins discount peuvent parfois surprendre. Bordeaux à 2 €, vin australien ou chilien à 2,50 €, Bourgogne à 3 €… comme si les vignerons travaillaient à perte. Et c’est parfois vrai.

Pourquoi si peu cher ?
La première dégustation portait sur un Chardonnay australien à 2,49 € chez Lidl. Avant de commenter, voyons comment un prix aussi bas peut être atteint pour un vin qui doit faire la route à travers toute la planènete pour se retrouver en Europe. Facteurs déterminant le prix du vin :

    • Coûts viticoles :

    • Difficulté du travail du vignoble (terrain plat ou en pente, maintien de la santé des vignes, par exemple, lutte contre les maladies dues à une humidité élevée)
    • Vendanges mécaniques ou manuelles
  • Volume de la récolte : plus la quantité de raisins est importante, plus le volume de production est important et plus le prix du vin est bas
  • Technologie de production : plus le processus est long, plus le vin est cher (par exemple, les vins élevés en barriques seront par définition plus chers)
  • Emballage : bouteille, bouchon, étiquette, etc.
  • Salaire des ouvriers
  • Transport
  • Qualité et exclusivité du vin : le vigneron a tout à fait le droit de vendre à un prix plus élevé des vins de millésimes exceptionnels et des vins de vieux millésimes qui deviennent rares.
  • Indication géographique protégée : Les vins bénéficiant d’une indication géographique protégée, en raison de restrictions plus souples sur les volumes de production et les cépages utilisés, seront généralement moins chers que les vins bénéficiant d’une appellation géographique protégée (et même moins chers sans l’une ou l’autre).
  • Le prestige et la renommée, ainsi que la loi de l’offre et de la demande, déterminent également les prix. Le champagne en est un exemple évident: ce vin mousseux est un symbole de fête et de luxe. Sa demande est toujours assez forte. Ses prix sont donc constamment élevés et, au fil du temps, ils ne font qu’augmenter avec l’inflation, contrairement à Bordeaux, où même les vins les plus prestigieux commencent à perdre de la valeur.

Prenons l’exemple du Chardonnay australien. Les facteurs suivants expliquent son prix bas en Europe, et même en Australie :

  • Les coûts de la viticulture sont faibles : terrain plat, utilisation d’équipements pour le travail de la vigne et les vendanges.
  • Volume de production autorisé élevé
  • Cycle de production court : ce vin n’a subi qu’une fermentation alcoolique et un court élevage pour sa stabilisation.
  • Dans ce cas, l’objectif n’était pas non plus de produire un vin exceptionnel, harmonieux avec une acidité et une richesse naturelles, mais abordable et pas cher. Les caractéristiques permettant d’obtenir un vin plus ou moins correct ont été obtenues grâce à des techniques de correction : l’acidification, c’est-à-dire l’ajout d’acide tartrique ou d’un autre acide autorisé au vin ou au moût si l’acidité naturelle du raisin est insuffisante. Cette méthode est beaucoup plus économique que les techniques viticoles (par exemple, le travail du feuillage pour que les grappes restent à l’ombre).
  • Ce vin porte le nom d’« Australie du Sud-Est », ce qui signifie que les raisins peuvent provenir de n’importe quelle région de cette région viticole.
  • Compte tenu de son volume, de son style et de son nom, un tel vin n’est pas rare.
  • Le vin a été transporté par voie maritime, dans d’immenses cuves, et non en bouteilles, et mis en bouteille en Europe (plus précisément en Allemagne, comme l’indique l’étiquette). Il s’agit du moyen le plus économique d’expédier du vin, autorisé pour les vins pas chers sans appellation protégée (les vins bénéficiant d’une appellation géographique protégée doivent être mis en bouteille au sein de l’appellation, et parfois uniquement dans un château).

À propos de l’indication géographique protégée « Australie du Sud-Est »

L’Australie du Sud-Est est ce qu’on appelle la « superzone viticole », qui ne coïncide pas avec les frontières administratives des régions australiennes et comprend :

  • Les États de Nouvelle-Galles du Sud et de Victoria (en totalité) ;
  • Les États d’Australie-Méridionale et du Queensland (en partie) ;

On y trouve également des appellations comme Tasmanie, Adelaide Hills et Barossa, où sont produits les vins les plus célèbres et les plus chers d’Australie. En termes de superficie, le sud-est de l’Australie est deux fois plus grand que la plus grande région viticole américaine (AVA). De toute évidence, le terroir (combinaison de climat, de topographie et de caractéristiques des sols) du sud-est de l’Australie est si diversifié qu’il serait impossible de le décrire sans le contextualiser. On y trouve des zones côtières fraîches et plutôt humides et des territoires arides à l’intérieur du continent, où l’irrigation est autorisée, des plaines où l’utilisation de machines et des rendements élevés sont possibles, et des zones en altitude où les vignobles sont moins productifs et ne peuvent être travaillés qu’à la main. Par conséquent, les vins du sud-est de l’Australie varient considérablement en termes de style, de qualité et de prix. Cela inclut également l’île de Tasmanie, célèbre pour ses vins mousseux de grande qualité issus du Chardonnay et du Pinot Noir. De plus, son climat océanique rend le sud-est de l’Australie encore plus diversifié en tant que région viticole. Les sols de cette superzone viticole varient de volcaniques, riches en fer, à calcaires, rocailleux et argileux…
Si l’on considère les vins du sud-est australien uniquement dans le contexte des vins à faible coût et faciles à produire, les raisins sont soit cultivés dans des vallées des rivières où les vignes ne sont pas menacées par les maladies fongiques liées à l’humidité et où l’irrigation est autorisée, permettant des rendements élevés avec peu d’efforts et de dépenses, soit issus de différentes appellations de la superzone (par exemple, des raisins que les producteurs ont rejetés car leur qualité n’était pas suffisante pour des cuvées plus prestigieuses).

Échantillon et dégustation : Cimarosa Chardonnay australien 2024, Lidl à 2,49 €

Je commencerai par les commentaires de dégustation, que je comparerai ensuite à la composition du vin, disponible en ligne via le QR code présent sur la bouteille.

Robe : citron pâle, aux reflets dorés
Arôme : d’intensité moyenne, simple et purement fruité, avec des dominantes de pêche blanche mûre, de nectarine et de prune jaune, complétées par du melon, de la pomme Golden jaune fraîche, du raisin blanc frais et l’acidité du zeste de citron.
Palais: Il reprend le bouquet d’arômes (pêche, prune jaune, pomme jaune, raisin), mais avec une acidité et une amertume d’agrumes plus prononcées en attaque. Le corps est moyen (-), la finale courte avec une légère pointe d’éclat. L’acidité est moyenne (+), ce qui ajoute une sécheresse caractéristique à la finale, signe d’une acidification du vin.
Impression générale et évaluation qualitative : Comme on pouvait s’y attendre à un tel prix, la qualité du vin est moyenne: la boisson est tout à fait convenable à la consommation, mais sans plaisir organoleptique.

Un commentaire supplémentaire sur les caractéristiques gustatives et la composition du vin. Voici ce qui est répertorié dans la base de données officielle de l’Union européenne (la composition de ce vin n’est pas secrète et est disponible via le QR code sur la bouteille) :

  • Raisins
  • Moût de raisin concentré
  • Correcteur d’acidité : acide tartrique
  • Conservateurs et antioxydants : sulfites, acide ascorbique
  • Stabilisant : carboxyméthylcellulose
  • Dioxyde de carbone

Quelle conclusion peut-on en tirer ? Premièrement, la présence d’acide tartrique confirme l’utilisation d’une technologie constatée lors de la dégustation : l’acidification du vin. Son acidité semble non intégrée au profil organoleptique, elle est sèche en fin de bouche. De plus, du moût de raisin concentré a été ajouté, ce qui signifie que le vin a également été soumis à une chaptalisation – l’ajout de sucre sous une forme autorisée afin d’augmenter la teneur en alcool après fermentation. Pourquoi cette méthode s’explique-t-elle s’il est facile de cultiver du raisin en grandes quantités et dans des conditions favorables pour ce vin ? Ce volume important s’explique par l’irrigation autorisée sous un climat ensoleillé et chaud, qui permet à la vigne de pousser rapidement et de former une récolte abondante et de nombreuses grappes facilitant la propagation. Ceci, à son tour, est synonyme de quantité, et non de qualité, alors que dans des conditions de survie, la vigne se concentre sur la qualité des quelques baies qu’elle peut se permettre de produire. Poursuivant la logique, plus de baies = plus de jus, c’est-à-dire plus d’eau dans les baies et moins de sucre, ce qui peut ne pas suffire à atteindre le niveau requis par le cahier des charges (le vin en question est exporté en Europe, où la législation sur les vins et les indications géographiques protégées est très stricte ; pour être qualifié de « vin », une boisson alcoolisée doit avoir un degré minimum). Si les raisins ne contiennent pas suffisamment de sucre pour atteindre le degré requis après fermentation, le vigneron est en droit d’ajouter du sucre sous une forme ou une autre, qui doit être entièrement transformé en alcool. Mais cette technologie influence également l’équilibre du vin, bien que la chaptalisation soit plus difficile à déterminer à la dégustation que l’acidification. Le degré d’alcool peut être ajusté de cette manière, mais la complexité du bouquet ne peut être améliorée. Le vin, malgré toute sa matière, peut donc paraître vide ou simple sur le plan organoleptique.

Conclusion : acheter ou ne pas acheter ?
La dégustation et la composition confirmant cette affirmation indiquent qu’il s’agit, pour ainsi dire, d’une boisson artificielle, dont la teneur en alcool et l’acidité sont ajustées aux normes, sans aucun signe permettant d’identifier l’origine des raisins. Il est possible d’identifier le cépage par dégustation, mais cette boisson ne convient pas aux connaisseurs, sauf si vous suivez une formation de sommelier ou d’œnologue.

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Giffard Spritz – La réponse française à l’Aperol

Poursuivons sur le thème de l’un des cocktails les plus populaires au monde…
Dans cet article, j’ai donné des exemples très variés Spritz. L’utilisation d’une liqueur spécifique dépend de la région d’Italie (Amaro, Limoncello, Campari…) ou du pays (Lillet, pour Bordeaux, ou Saint-Germain, pour la Savoie).

J’ai récemment découvert une autre option : le Spritz Giffard, du liquoriste français Giffard.

Histoire de la Maison Giffard

Émile Giffard, pharmacien angevin, était bien plus qu’un simple pharmacien. Gourmet et explorateur, il s’intéressait particulièrement aux propriétés rafraîchissantes et digestives de la menthe. Ses recherches donnèrent naissance à une liqueur de menthe, dont la fraîcheur a été appréciée des clients du Grand Hôtel voisin. Puis, en 1885, Émile Giffard fonda une maison de liqueurs du même nom, après avoir transformé sa pharmacie en en une distillerie. Le produit principal était à l’origine la liqueur de menthe, qu’Émile appelait « Menthe-Pastille », comme le bonbon à la menthe alors très populaire. Aujourd’hui, la maison de liqueurs appartient à la cinquième génération de la famille Giffard, et la liqueur « Menthe-Pastille », qui a marqué le début de son histoire, est toujours produite. La gamme comprend également :

  • liqueurs de fruits
  • liqueurs de cacao, de vanille, de café…
  • liqueur de fleur de sureau (similaire à la Saint-Germain)
  • Curaçao
  • Limoncello
  • Spritz
  • liqueurs sans alcool…

Les principes de l’entreprise sont le soutien aux producteurs et agriculteurs locaux (65 % des matières premières sont achetées en France et tous les cassis proviennent de l’Anjou, où se trouve la distillerie), le respect de la nature et la protection de l’environnement (utilisation de panneaux solaires, verre recyclé pour la production des bouteilles, réduction du poids des bouteilles). La technologie utilisée par Giffard est la macération, c’est-à-dire l’infusion d’ingrédients (fruits, herbes, épices) dans l’alcool pendant une certaine période, qui peut varier de 24 heures à 3 mois selon le composant.

Giffard Spritz : similitudes et différences avec l’Aperol


Le goût du cocktail à base de liqueur Giffard Spritz est agréable et équilibré, proche de celui d’un cocktail à base d’Aperol, dans les mêmes proportions. Les différences résident dans une douceur et une amertume moins marquées du Spritz Giffard, en raison de la différence de technologie. La saveur dominante est celle des agrumes (pamplemousse et orange amère), obtenue à partir d’infusion d’écorce de pamplemousse, complétée par des notes de rhubarbe (issues d’infusion de rhubarbe rouge et verte) et une douce amertume provenant de l’extrait de gentiane.

Les prix des deux liqueurs étant pratiquement les mêmes, le Spritz Giffard est un bon équivalent français et une alternative à l’Aperol, tant par son profil aromatique que par son prix.

Informations et photos : https://www.giffard.com/

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Dégustation de la semaine: Notre Dame de la Solitude 2020 Graves Blanc

Notre Dame de la Solitude Blanc est le second vin du Domaine de la Solitude. Les vignes du château sont situées en appellation Pessac-Léognan et appartiennent à la communauté religieuse de la Sainte-Famille, fondée en 1820 par le prêtre bordelais Pierre Bienvenu Noailles. Dévouement à la religion, orphelinat et travaux des champs étaient les principales activités des sœurs, mais les terres qu’elles possédaient se distinguaient également par un terroir viticole exceptionnel. Dès 1854, il créa la gestion interne des vignobles de la communauté, mais dans les années 1970, avec l’accord des sœurs, la gestion des vignobles fut confiée à des structures externes. Ainsi, les vignobles du Domaine de la Solitude furent integrés à la région des Graves, puis à la prestigieuse appellation Pessac-Léognan. En 1993, à la demande des sœurs Olivier Bernard, propriétaire du célèbre château de Pessac-Léognan, le Domaine de Chevalier, a pris les vignes du Domaine de la Solitude en fermage pour 40 ans. Aujourd’hui, la gamme du Domaine de la Solitude comprend deux vins principaux : blanc et rouge, le second vin rouge en appellation Pessac-Léognan, le Prieuré de la Solitude, rosé en appellation Bordeaux Rosé, et Notre Dame de la Solitude, rouge et blanc, en appellation Graves.

Dégustation : Notre Dame de la Solitude 2020 – Graves

Notre Dame de la Solitude, appellation Graves, est le second vin du Domaine de la Solitude, lui-même en appellation Pessac-Léognan. Assemblage classique de Sauvignon Blanc et Sémillon, alliant harmonieusement rondeur, profondeur et fraîcheur – un Bordeaux blanc classique et de grande qualité.

Couleur: jaune citron d’intensité moyenne

Nez: expressif, floral, légèrement sucré. En bouche, on perçoit des notes de miel de tilleul, d’acacia, de camomille, de citron confit, de zeste de citron, de cédrat frais, d’abricot, de fleurs sauvages séchées et de foin, ainsi que des nuances acidulées de kiwi, de groseille à maquereau et de pomelo.

Palais: frais, avec une attaque sur les agrumes (citron, zeste de citron, cédrat) et une longue finale acidulée-amère (pamplemousse). On perçoit également des notes douces de miel et de fleurs (miel de tilleul, acacia, fleurs séchées), ainsi que des notes tertiaires de foin et de cire. Un vin riche, évolué, mais à la fois agréable et harmonieux, doté d’une belle acidité.

Avec quoi l’accorder : un bon ensemble s’est avéré avec des huîtres, grâce à l’acidité du vin, mais il s’est mieux marié avec la texture crémeuse du risotto et des fromages à pâte dure de brebis et de chèvre, ainsi qu’avec du poisson blanc.

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Loco Cimbali – Trace italienne en Crimée

Le nom du domaine ne vous semble-t-il pas un peu italien ? Et il y a une raisonn pour cela.. La situation géographique privilégiée de la Crimée pour le commerce international a attiré les marchands italiens. Les Vénitiens furent les premiers à arriver en Crimée, suivis des Génois, qui contrôlèrent la péninsule pendant environ 200 ans et y laissèrent leur empreinte.

Contexte historique

De par sa situation géographique, la péninsule de Crimée était un point stratégique pour le commerce international, un lien commercial entre l’Europe occidentale et l’Asie. Il n’est pas surprenant que la Crimée ait souvent été la source de conflits entre des États qui cherchaient à la contrôler totalement.

À la suite de la quatrième croisade (1202-1204), les croisés prirent Constantinople et chassèrent les Byzantins, obtenant ainsi un libre accès à la mer Noire. Les Vénitiens prirent une part active à la croisade et, grâce à son succès, obtinrent le droit d’y naviguer librement. Gênes, ennemie de la République commerciale de Venise, fut au contraire contrainte d’abandonner les terres conquises par les croisés et d’abandonner temporairement ses activités commerciales sur la côte de la mer Noire.

Gênes se rapprocha alors de l’ennemi de Venise : l’Empire de Nicée. En 1261, les deux États conclurent le traité de Nymphée, selon lequel les Génois obtenaient de larges privilèges commerciaux et un accès exclusif à la mer Noire en échange de leur aide pour la reconquête de Constantinople. Suite à cet événement, les Génois fondèrent Kaffa (Féodosie), qui devint un important centre commercial sur la côte de la mer Noire, et commencèrent progressivement à étendre leurs possessions.

À la suite de la guerre entre Gênes et Venise (1293-1299), les parties signèrent un accord aux termes duquel les Vénitiens perdirent pendant 30 ans l’accès à la mer Noire, ce qui fit des Génois les seuls propriétaires des relations commerciales à travers la péninsule de Crimée. Bientôt, la côte de la mer Noire fut entourée de ports, de villages et de forteresses génois, qui renforcèrent la présence génoise dans la région.

En 1343, les Génois chassèrent les princes grecs de la forteresse de Yamboli, qui surveillait alors les activités commerciales et politiques de Gênes en Crimée. Sur les cartes italiennes, ce lieu était indiqué sous le nom de « Tchembalo », et son nom moderne est Balaklava.

Comme vous l’aurez deviné, le nom génois de Balaklava explique le nom italien du vin. Plus précisément, Loco Cimbali était le nom des zones et villages autour de la forteresse où l’on cultivait la vigne.

À propos du domaine

Loco Cimbali est un projet commun de l’entreprise Zolotaya Balka et du célèbre vigneron Oleg Repin, visant à créer une gamme de vins haut de gamme sur un riche terroir de la vallée de Balaklava. Pour les vins Loco Cimbali, les parcelles les plus propices au Merlot, au Chardonnay, au Rkatsiteli, au Pinot Noir, au Saperavi, au Bastardo Magarachsky et au Cabernet Sauvignon sont sélectionnées. Chaque parcelle occupe moins de 20 hectares (à l’exception du Merlot, qui en compte 26), ce qui, outre leur grande qualité, confère à ces vins une exclusivité. Les vins sont élevés en fûts de chêne français et, après assemblage, en bouteilles, pour créer un bouquet harmonieux.

Dégustation : Loco Cimbali Rkatsiteli Barrique 2020

Le rkatsiteli, élevé en fûts, a particulièrement retenu mon attention dans la gamme Loco Cimbali. La dégustation a été vraiment très intéressante.
Arôme : Prononcé, complexe, il associe des notes d’agrumes acidulées et sucrées (zeste d’orange, pomme cuite, pomme fraîche mûre, poire cuite, un peu de pamplemousse), des épices (vanille, poivre de Timut avec une pointe de pamplemousse, zeste de citron vert), des noisettes grillées, une nuance fumée et des croûtons.
Bouche : Riche et complexe, avec un corps moyen (+) et enveloppant, une acidité assez élevée et une longue finale avec une amertume de pamplemousse. Bouquet fruité agréable (pomme et poire mûres), avec des nuances d’agrumes (pamplemousse, orange, zeste de citron), des épices douces (vanille, un peu de cannelle), des notes lactées de caramel, de praliné et de brioche grillée.
Impression générale et note qualitative : Très bon vin atypique, au goût profond et complexe.
Accord avec : Viandes blanches en sauce crémeuse, fromages à pâte dure aux notes de noix (comme le Comté).

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Bataille de spritz « rouge » : Aperol vs Campari vs Select

Recette universelle du Spritz

Il serait judicieux de commencer la deuxième partie de l’article par une recette du cocktail Spritz. C’est très facile à retenir, car les proportions sont presque toujours les mêmes, seuls les composants changent : liqueur et vin mousseux :

  • 2 parts de liqueur (ou d’apéritif, selon la recette)
  • 3 parts de vin mousseux
  • part d’eau gazeuse (non minérale)
  • Glace
  • Décoration (citron, orange, un brin de romarin…)

Une seule recette permet de nombreuses variantes :

  • avec de la liqueur (mentionnée dans l’article précédent)
  • avec du vin mousseux (on utilise généralement du brut, mais les amateurs de douceur peuvent choisir un vin mousseux demi-sec)
  • et même de l’eau (on peut par exemple remplacer l’eau gazeuse par du Schweppes pour une amertume plus prononcée).

Histoire de l’apéritif : Aperol, Campari et Select

Campari est apparu plus tôt que tous les autres, en 1860. Il a été créé par Gaspare Campari, fondateur de l’entreprise Gruppo Campari près de Milan. À Milan même, Gaspare a ouvert son propre bar, où l’on pouvait déguster les liqueurs qu’il a créé lui-même. Cet apéritif amer et expressif est rapidement devenu populaire en Italie, et dès 1926, Gaspare a cessé la production de toutes les liqueurs, à l’exception de Campari, pour se concentrer sur la renommée de son entreprise dans le monde entier.

Aperol a été créé à Padoue par les frères Luigi et Silvio Barbieri en 1919, après sept ans d’expérimentation. Après la guerre, la boisson devint rapidement populaire à Padoue et à Vérone, mais le cocktail au prosecco apparut en 1950. En 2003, la marque Aperol fut rachetée par le groupe Campari, déjà mentionné, qui, après une campagne publicitaire à grande échelle, fit de l’Aperol Spritz l’un des cocktails les plus célèbres et les plus populaires au monde.

Select apparut un an plus tard à Venise (d’où le nom de vénitien pour le Spritz), dans la distillerie Fratelli Pilla & Co. Il fallut neuf mois et 30 composants aromatiques aux créateurs pour mettre au point la composition de cet apéritif, initialement servi pur, et devenu depuis 1970 l’un des cocktails Spritz les plus populaires. Aujourd’hui, la marque Select appartient au groupe italien Montenegro.

La différence entre Aperol, Campari et Select

La première est, bien sûr, la composition, tenue secrète pour les trois produits. Seuls les ingrédients principaux sont connus, ceux qui se distinguent par leur saveur, et peuvent être identifiés en dégustant attentivement les trois cocktails.

Goût
L’Aperol Spritz est plus sucré que les deux autres, ce qui rend son amertume moins prononcée. Les notes dominantes sont l’orange amère et le pamplemousse, complétées par une note caractéristique d’écorce de quinquina, également présente dans sa composition. Parmi les ingrédients connus, la base de l’Aperol est :

  • L’orange amère est le composant principal et le plus marquant du goût.
  • Quinquina
  • Gentiane
  • Rhubarbe
  • Racines diverses
  • Épices

aperol

Avec le Campari, le cocktail est plus amer, plus fort en alcool et a une longueur en bouche plus persistante et amère (et dans le bon sens du terme). Grâce à son amertume prononcée, la douceur de ce cocktail s’estompe. Les notes d’agrumes avec de l’amertume (orange amère) se font moins sentir, laissant place au quinquina et aux herbes médicinales amères. La composition du Campari est similaire à celle de l’Aperol et la différence du profil aromatique est probablement due à d’autres technologies de production (distillation avec des composants aromatiques ou macération) et à des différentes proportions de composants :

  • Zestes d’orange amère
  • Quinquina
  • Gentiane
  • Rhubarbe (la nuance la moins prononcée)
  • Racines
  • Herbes amères

campari

Cocktail à base de Select : son amertume se situe entre celle de l’Aperol et celle du Campari, avec une note plus prononcée de rhubarbe et d’épices douces. Voici ses ingrédients connus:

  • Rhubarbe – traitée séparément, ce qui confère à la liqueur un goût caractéristique et une teinte rosée.
  • Armoise
  • Orange amère
  • Genévrier
  • Épices : coriandre, clou de girofle.

select

Contrairement aux deux cocktails précédents, la version Select est décorée d’une olive au lieu d’une orange.

Couleur
Différentes technologies appliquées aux composants influencent individuellement la couleur. Ainsi, l’Aperol présente une teinte orangée, le Select un rouge profond, avec une teinte framboise rosée rappelant la rhubarbe, et le Campari un rouge vif profond.

Photo :

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https://www.camparigroup.com/

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Un cocktail Spritz tellement différent

L’été est la saison des boissons rafraîchissants, des vins rosés et blancs et, bien sûr, des cocktails. En guise d’introduction à un article consacré à l’un des cocktails les plus populaires, voici une liste des cocktails les plus célèbres et les plus consommés au monde :

  1. Mojito
  2. Margarita
  3. Old Fashioned
  4. Pina Colada
  5. Martini
  6. Cosmopolitan
  7. Negroni
  8. Daiquiri
  9. Manhattan
  10. Spritz

Malgré le fait que le Spritz n’arrive qu’en dixième position, il existe de nombreuses variantes :

  1. Le classique immortel : l’Aperol Spritz
  2. Un quasi-classique, voire un concurrent : le Campari Spritz
  3. Une version moins connue de la nuance rouge est le Select Spritz. (ou Spritz vénitien)
  4. Toute une gamme de cocktails à base de liqueurs amères Amaro
    1. Averna
    2. Cynar
    3. Veccio Amaro del Capo
    4. Amaro Montenegro
  5. Options aux agrumes :
    1. Italicus Spritz
    2. Limoncello Spritz
    3. Lemon Spritz
  6. Hugo Spritz floral et sucré
  7. Options plus locales avec des liqueurs ou des apéritifs locaux
  8. Spritzer – un équivalent du vin tranquille au vin mousseux
  9. Avec du jus de fruits à la place de la liqueur…

… le nombre d’options et de saveurs n’a de limite que l’imagination du barman. On pourrait même considérer qu’un spritz est en fin de compte un vin mousseux (pas même du prosecco) parfumé.

Différentes liqueurs : une différence de goût (bien qu’elles soient indiscutables)

Les trois premières options – à base d’Aperol, de Campari et de Select – se distinguent par un équilibre entre amertume et douceur, obtenu grâce à l’utilisation d’un groupe d’ingrédients légèrement différents. Dans le prochain article, je décrirai ces trois cocktails plus en détail, mais je peux déjà dire que le spritz à base de Campari est le plus amer et le plus fort. Les deux autres sont plus sucrés, mais la douceur de l’Aperol rappelle celle de l’orange, et celle du Select celle de la rhubarbe.
Les cocktails à base d’Amaro se distinguent par leur amertume et leur douceur prononcées, avec des variations de goût plus importantes, car les recettes peuvent inclure différentes combinaisons d’ingrédients – herbes, fruits secs, etc.
Les cocktails aux agrumes présentent différentes nuances de citron (selon la liqueur utilisée), ou de bergamote pour l’Italicus. Ici, acidité et douceur s’équilibrent.
Hugo Spritz est un cocktail à base de liqueur Saint-Germain, élaborée à partir de fleurs de sureau, au goût délicat mais à la douceur plus prononcée.
À base de spritz local : une version avec l’apéritif bordelais Lilet.
Autrement dit, le Spritz est un cocktail aux multiples facettes, qui permet de déguster des liqueurs et apéritifs locaux, sachant qu’il faut aimer leur goût pur.

Est-il nécessaire de choisir du prosecco pour un cocktail spritz ?

Absolument pas. Le prosecco est un classique du genre et un accompagnement incontournable pour un cocktail, dont le goût principal est dû à la liqueur. De plus, dans le cocktail lui-même, les notes délicates du vin mousseux seront complètement masquées par le goût plus prononcé de la liqueur. L’ajout de vin pétillant dans un spritz ne sert pas à complexifier son bouquet, mais à diluer, dans le bon sens du terme, le goût prononsé de la liqueur, atténuer sa douceur et rendre son amertume plus délicate et légère. Ainsi, peu importe que votre cocktail contienne du prosecco, du crémant, du cava, du sekt ou même du champagne, vous ne remarquerez aucune différence.

Alors pourquoi l’option prosecco est-elle considérée comme une règle indiscutable ? Le spritz est un cocktail italien, un classique de l’apéritif, tandis que le prosecco est un vin mousseux italien simple et pas cher, l’un des vins italiens les plus produits, idéal pour un cocktail où le vin mousseux ne joue pas un rôle majeur.

N’hésitez donc pas à remplacer le prosecco par toute autre option disponible.

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La semaine des primeurs 2024: les caractéristiques du millésime

Comment décrire les vins du millésime 2024 ? Frais, acidulés, faciles à boire, agréables, mais pas exceptionnels. Les conditions météorologiques de 2024 ont mis à rude épreuve les vignerons bordelais : des températures généralement inférieures à la moyenne et des précipitations abondantes ont caractérisé presque tout le cycle végétatif, ce qui a ralenti la maturation des raisins et favorisé la propagation du mildiou et de la pourriture grise. Un automne pluvieux et instable a également compliqué les vendanges. Par conséquent, non seulement le terroir, mais surtout le travail des vignerons a été déterminant pour le résultat final et le profil du vin.

Dans cet article, je vous dévoilerai ce que l’on peut attendre des vins du millésime 2024 et vous présenterai une description de cette année difficile.

Caractéristiques par mois et par saison

Chaque saison influence le cycle végétatif de la vigne, son développement et, par conséquent, les caractéristiques des raisins. Le raisin est l’élément déterminant du profil organoleptique des vins. Comprendre l’influence des conditions climatiques tout au long du cycle végétatif permet donc d’avoir une première idée sur le caractère des vins. Analysons en détail chaque saison de 2024.

Hiver : humide et chaud, ce qui a ralenti le débourrement et rendu le travail des vignerons difficile. Ce retard et l’irrégularité du débourrement dans la région s’expliquent également par la pratique fréquente de la taille tardive, qui retarde quelque peu le débourrement et permet ainsi de traverser sans pertes la période de gel.

Printemps : avril, chaud et ensoleillé (du 3 avril au milieu du mois), a contribué à l’ouverture des bourgeons et à un démarrage relativement rapide du cycle. En moyenne, ce démarrage s’est produit deux jours plus tard qu’en 2023, dans des conditions favorables. En une semaine environ, durant cette période, la vigne a développé trois feuilles complètes, mais après une baisse radicale et prolongée des températures à partir du 15/04, et trois épisodes de gel (les 19, 22 et 23 avril), la croissance de la vigne a ralenti à une feuille complètement développée par semaine. Cependant, les gelées n’ont pas eu de conséquences graves sur la récolte, et les multiples fortes pluies n’ont pas dépassé les précipitations moyennes pour cette période. Mai, humide et plus frais, a enregistré à la fin du mois 80 % de précipitations de plus que la moyenne et 30 % de soleil en moins. En conséquence, le printemps 2024 a été 34 % plus humide que la moyenne, et mai 2024 a été le premier mois des deux dernières années à enregistrer des températures inférieures à la moyenne. Dans ces conditions, la croissance de la vigne en mai a été moyenne et des taches sont apparues sur les feuilles en formation.

Été : De manière générale, un mois de juin pluvieux (malgré une semaine sèche et ensoleillée) a compliqué la floraison et a contribué à des troubles physiologiques : coulure (perte des fleurs sans formation d’ovaires) et millerandage (formation de baies de tailles différentes sur une même grappe). Cependant, en raison de la répartition inégale des précipitations (principalement orageuses), alternant avec des températures chaudes, le problème le plus grave dans le vignoble bordelais durant l’été 2024 a été le mildiou, une maladie fongique qui s’est propagée non seulement aux feuilles, mais aussi aux grappes en formation. Juillet a commencé par une semaine fraîche, puis un anticyclone a apporté une alternance de périodes chaudes et fraîches et d’orages. Grâce à la dernière décade de juillet, sèche et ensoleillée, les baies avaient déjà commencé leur maturation dans les zones les plus précoces à la fin du mois, malgré un ralentissement généralisé de ce processus dû à l’excès d’eau dans les sols (accumulée lors des orages pluvieux de l’hiver, du printemps et de l’été). La maturation n’a véritablement commencé qu’à la fin de la dernière semaine d’août, qui s’est avérée plutôt chaude et ensoleillée (hors épisodes orageux isolés). Fin août, le cépage Merlot avait presque achevé la première étape de sa maturation : la coloration verte des baies tourne en rouge. Parallèlement, le mildiou continue de menacer le vignoble bordelais, auquel s’est ajouté le phénomène de « rot brun » (dessèchement des baies atteintes par le mildiou). La dernière semaine d’août s’est avérée chaude et véritablement estivale, avec des températures supérieures à 30 degrés. Automne : Contrairement à fin août, septembre a de nouveau été frais et pluvieux, ce qui a ralenti l’accumulation de sucre dans les baies, sans toutefois affecter la baisse progressive de l’acidité. La période pluvieuse qui a débuté le 20 septembre a accéléré la récolte du Merlot, dont la maturation a été ralentie par la fraîcheur. Cependant, le cépage a progressivement acquis des notes fruitées plus prononcées, tout en conservant une acidité notable, mais sans excès. Le Cabernet Sauvignon, plus tardif, récolté mi-octobre, a terminé sa maturation dans des conditions plus stables et favorables, modifiant considérablement ses caractéristiques organoleptiques : les baies ont acquis des notes fruitées plus intenses et leur acidité a considérablement diminué.

Quelles sont les caractéristiques des vins de ce millésime ?

Les millésimes 2024 ne devraient pas avoir la richesse, la puissance et l’astringence de millésimes exceptionnels tels que 2009, 2010, 2020 et 2022. Le millésime 2024 peut être décrit comme frais, délicat et facile à boire.
La raison en était le temps pluvieux, caractéristique typique d’un climat océanique, souvent difficile et exigeant d’un point de vue viticole. Le millésime 2024 a exigé effort et réactivité de la part des vignerons : d’avril jusqu’au début de la maturation, ils ont résisté aux attaques de mildiou, auxquelles se sont ensuite ajoutés la coulure et le millésime dus aux pluies de la floraison, et même la pourriture grise, qui n’avaient pas affecté les millésimes précédents. Par conséquent, selon le terroir, la localisation des pluies et des orages, les technologies utilisées, les moyens financiers et le tri des raisins, la quantité de récolte et le caractère des vins varient considérablement selon les régions.
Les vins rouges à dominante de merlot sont aromatiques et fruités, mais en 2024, ils n’ont pas la profondeur et la densité des vins des millésimes plus réussis, bien que les zones les plus favorables à ce cépage sur la rive droite aient donné des vins plus corsés et concentrés. Sur des terroirs moins favorables, ce cépage a acquis des nuances herbacées et parfois même un caractère « aqueux ».

Les vins dominés par le cabernet sauvignon, qui a pu mûrir grâce à un mois d’octobre plus sec et ensoleillé, se distinguent par une plus grande richesse, notamment sur les terroirs de graves les plus favorables. Quant aux vins blancs, l’absence de périodes de chaleur prolongées et la saturation en eau des sols ont donné des sauvignons blancs aromatiques aux notes d’agrumes et de fleurs, avec une acidité élevée. Le sémillon, plus capricieux, s’est exprimé différemment selon le terroir : les plus favorables ont donné des vins riches, juteux et aromatiques, tandis que les moins adaptés ont entraîné un manque de concentration.
Pour les vins liquoreux, 2024 a été une année particulièrement réussie, grâce à l’apparition précoce et à la répartition uniforme de la pourriture noble. Dans l’ensemble, les vins liquoreux se sont révélés équilibrés et aromatiques.

Dans l’ensemble, 2024 ne restera pas dans l’histoire comme une année exceptionnelle pour les vins de Bordeaux, mais elle est tout à fait capable de satisfaire le consommateur moderne qui privilégie les vins fruités et faciles à boire, ne nécessitant pas de long vieillissement.

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